Yémen : le chef de l’ONU appelle à agir de toute urgence pour éviter une famine

20 novembre 2020

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé vendredi tous les acteurs ayant une influence sur la situation au Yémen à agir de toute urgence pour éviter une famine dans ce pays.

« Le Yémen est maintenant confronté au danger imminent de la pire famine que le monde ait connue depuis des décennies. En l’absence d’action immédiate, des millions de vies pourraient être perdues », a prévenu M. Guterres dans une déclaration à la presse.

Cette catastrophe imminente découle selon lui de plusieurs facteurs : une réduction drastique cette année du financement de l'opération humanitaire coordonnée par l'ONU par rapport à 2018 et 2019 ; un échec à maintenir le soutien extérieur à l'économie du Yémen, en particulier en stabilisant la valeur du rial yéménite ; l'impact du conflit actuel et les obstacles imposés au travail des agences humanitaires par les Yéménites qui ont du pouvoir et par d'autres parties prenantes.

A tout cela, viennent s’ajouter les criquets et les inondations qui aggravent ces problèmes.

« J'exhorte tous ceux qui ont de l'influence à agir de toute urgence sur ces questions pour éviter cette catastrophe, et je demande également à tout le monde d'éviter de prendre des mesures qui pourraient aggraver une situation déjà désastreuse », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU.

« Nous risquons une tragédie non seulement avec la perte immédiate de vies humaines, mais avec des conséquences qui se répercuteront indéfiniment dans le futur », a-t-il ajouté.

30 millions de dollars octroyés par l’ONU

Mardi, le chef du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Mark Lowcock, a alloué 100 millions de dollars pour aider les populations à se nourrir dans sept pays les plus exposés au risque de famine, dont le Yémen.

Le Yémen recevra 30 millions de dollars pour aider à nourrir les millions de personnes qui ont été poussées au bord de la famine par cinq ans de conflit.

« La perspective d'un retour dans un monde où les famines sont monnaie courante serait déchirante et obscène dans un monde où il y a plus qu'assez de nourriture pour tout le monde », a déclaré Mark Lowcock.

« Les famines entraînent des morts atroces et humiliantes. Elles alimentent les conflits et la guerre. Elles déclenchent des déplacements de masse. Leur impact sur un pays est dévastateur et durable », a-t-il ajouté.

 

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