Yémen : l’envoyé de l’ONU espère que les belligérants vont arriver à un compromis alors que la famine menace

11 novembre 2020

Alors que la famine menace le Yémen, l’Envoyé spécial de l’ONU pour ce pays, Martin Griffiths, a déclaré mercredi devant le Conseil de sécurité qu’il espérait que les belligérants arrivent à un compromis permettant de ramener la paix.

« Depuis plusieurs mois, j’assure la médiation sur le texte de la Déclaration commune », a expliqué M. Griffiths devant les membres du Conseil, lors d’une réunion par visioconférence.

« C’est un processus laborieux, qui a fait face à de nombreux défis en cours de route », a-t-il ajouté.

L’envoyé de l’ONU a rappelé que le conflit oppose les Yéménites et que seuls « des engagements sérieux et délibérés de leurs dirigeants peuvent mettre un terme à ce conflit ». « Il est maintenant temps pour eux de prendre les décisions finales nécessaires pour mener à bien les négociations sur la Déclaration commune », a-t-il déclaré.

Martin Griffiths a expliqué qu’il faisait des allers-retours entre les parties depuis plusieurs semaines pour mettre un point final à la Déclaration commune. Les discussions achoppent toujours sur les mêmes éléments, notamment les mesures économiques et humanitaires.

« Avec détermination, je crois qu’ils peuvent se mettre d’accord sur une voie permettant de mettre fin à ce conflit », a-t-il dit à propos des belligérants.

Une baisse de la violence

S’agissant de la situation sur le terrain, l’envoyé de l’ONU a noté que la violence récemment n’a pas été aussi intense que les mois précédents.

« C'est positif, mais en aucun cas une source de grand réconfort. Je suis profondément préoccupé par les pics de violence périodiques entre les parties à Mareb et Taëz et par la récente escalade des attaques contre le territoire saoudien. J'espère que ces pics n'annoncent pas un retour à la violence généralisée du début de l'année », a-t-il ajouté.

De son côté, le chef de l’humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, a expliqué aux membres du Conseil de sécurité que la tâche la plus urgente au Yémen aujourd'hui est d'empêcher une famine généralisée.

« Les données publiées la semaine dernière ont confirmé - encore une fois - que le risque augmentait », a expliqué M. Lowcock. « Dans certaines régions du pays, un enfant sur quatre souffre actuellement de malnutrition aiguë ».

Selon le chef de l’humanitaire, « les Yéménites ne ‘souffrent pas de la faim’. Ils sont affamés ».

« Nous tous - parties au conflit, membres du Conseil de sécurité, donateurs, organisations humanitaires - devons faire tout ce que nous pouvons pour arrêter cela. Le temps presse », a-t-il ajouté.

Le chef du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, a également lancé un cri d’alarme concernant la famine qui menace au Yémen.

Je vous exhorte : ne leur tournez pas le dos - ne tournez pas le dos au peuple yéménite - David Beasley, chef du PAM

« Nous devons amener le monde à ouvrir les yeux, à réaliser ce que nous voyons vraiment dans la catastrophe humanitaire qui se déroule - avant qu’il ne soit trop tard. Si nous choisissons de détourner le regard, il ne fait aucun doute dans mon esprit que le Yémen sera plongé dans une famine dévastatrice dans quelques mois », a dit M. Beasley.

Dans contexte, le chef du PAM a demandé au Conseil de sécurité « de donner au peuple de cette nation une lueur d'espoir ».

« Je vous exhorte : ne leur tournez pas le dos - ne tournez pas le dos au peuple yéménite », a-t-il ajouté.

 

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