Incendie dans un camp de demandeurs d’asile en Grèce : l’ONU mobilise son aide pour les réfugiés et migrants

9 septembre 2020

Les agences des Nations Unies mobilisent leur aide en faveur des réfugiés et migrants sur l’île grecque de Lesbos après l’incendie qui a ravagé leur camp et plaident pour des solutions à long terme au surpeuplement des sites accueillant les demandeurs d’asile.

Le Centre d’enregistrement et d’identification de Moria qui abrite plus de 12.600 demandeurs d’asile, a été détruit par un incendie dans la nuit de mardi à mercredi.

Jusqu’à présent, aucune victime n’a été signalée mais le centre a été détruit à 80% et de nombreux réfugiés et migrants, dont des enfants, des femmes enceintes, des familles et des personnes âgées, se retrouvent désormais sans abri.

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont rapidement déployé leur personnel à Lesbos pour apporter leur aide aux réfugiés et migrants touchés par l’incendie et aux autorités grecques qui ont contenu le feu et porté secours aux personnes.

L’aide de l’OIM comprend des interprètes et la mise en place d'unités mobiles pour les personnes sans abri après l'incendie.

« Cette tragédie dévastatrice aggrave les défis déjà existants et les conditions difficiles à Moria en raison de la surpopulation et de la Covid-19 », a déclaré mercredi le Directeur général de l'OIM, António Vitorino, dans un communiqué. M. Vittorino a assuré que son agence faisait tout son possible pour garantir des soins immédiats et une sécurité aux migrants et aux réfugiés.

« Notre solidarité va aux personnes gravement touchées par l'incendie de Moria, Lesbos », a, pour sa part, déclaré sur Twitter le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, ajoutant que « le HCR aide les autorités à répondre (aux conséquences de l’incendie) ».

Le HCR a reçu des informations faisant état de tensions entre les habitants des villages voisins du camp et les demandeurs d’asile qui tentaient de rejoindre la ville de Mytilène.

L’agence onusienne appelle toutes les parties à faire preuve de retenue et exhorte toutes les personnes qui résidaient auparavant dans le camp de restreindre leurs mouvements et de rester à proximité le temps qu’une solution temporaire d’hébergement soit trouvée. Cet appel à restreindre les mouvements est motivé par les mesures de quarantaine qui avaient été prises dans le centre de Moria où quelques 35 personnes avaient été testées positives à la Covid-19. 

Protéger les enfants et les groupes vulnérables

Plus de 4.000 enfants qui vivaient dans le camp de Moria, dont 407 mineurs non accompagnés, sont dans une situation extrêmement vulnérable. La priorité du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) est d’assurer leur sécurité et protection immédiates.

L’UNICEF et ses partenaires ont transformé un centre de soutien à l'enfance et à la famille situé à proximité du camp de Moria en un abri d'urgence. Le centre peut temporairement accueillir les personnes les plus vulnérables, y compris les enfants non accompagnés, les femmes enceintes et les autres personnes ayant des besoins critiques, jusqu'à ce que des alternatives soient identifiées. Plus de 150 enfants non accompagnés y sont actuellement hébergés.

L’OIM et ses partenaires se sont engagés à transporter 400 enfants non accompagnés de Lesbos vers des hébergements appropriés sur le continent et à les accompagner pendant le transfert.

« Nous nous félicitons de la décision de la Commission européenne de financer le mouvement crucial de 400 enfants non accompagnés de l’île et restons déterminés à continuer d’aider à la décongestion des îles et à la réinstallation des enfants et des familles vulnérables vers d’autres États membres l’Union européenne (UE) », a déclaré M. Vitorino, soulignant que la solidarité avec la Grèce et la population de Lesbos est plus que jamais nécessaire.

Apporter des solutions de plus long terme

Après ce drame à Lesbos, l’aide immédiate ne suffit pas, soulignent les agences onusiennes. Au nom de l’OIM, M. Vitorino a rappelé la « nécessité d’œuvrer à des solutions de plus long terme ».

Pour l’UNICEF, l’incendie du camp de Moria « rappelle fermement le besoin urgent d’un pacte européen sur les migrations, sensible aux enfants et humain, qui respecte le droit des enfants à une protection et à des services adéquats dans toute l’Europe ».

M. Grandi, a, pour sa part, affirmé que le HCR « continuera de fournir un soutien pour résoudre les problèmes de surpeuplement dans ce site et dans d'autres sites accueillant des réfugiés et des migrants dans les îles grecques ».

L’OIM, le HCR, l’UNICEF et le Bureau européen d'appui en matière d'asile, en étroite coordination avec le gouvernement grec et avec le soutien financier de la Commission européenne, ont organisé la réinstallation d'enfants non accompagnés et d'autres demandeurs d'asile vulnérables de la Grèce vers d’autres États membres de l’UE  avec le double objectif d’aider les groupes vulnérables et de renforcer la solidarité entre les États membres de l'UE et les pays associés.

Cette année, 641 personnes ont été transférées en toute sécurité de Grèce vers six pays européens : la Belgique, la Finlande, la France, l'Allemagne, le Luxembourg et le Portugal.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Migrations en Méditerranée : la Grèce doit décongestionner ses centres d’accueil, selon le HCR

Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a exhorté mardi les autorités grecques à « décongestionner » les centres d’accueil des demandeurs d’asile, tout en rappelant que « l’aide de l’Union européenne est cruciale ».