Migrations en Méditerranée : la Grèce doit décongestionner ses centres d’accueil, selon le HCR

1 octobre 2019

Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a exhorté mardi les autorités grecques à « décongestionner » les centres d’accueil des demandeurs d’asile, tout en rappelant que « l’aide de l’Union européenne est cruciale ».

« Le HCR demande aujourd’hui à la Grèce de faire sortir d’urgence des milliers de demandeurs d’asile des centres d’accueil sérieusement surpeuplés des îles grecques de la mer Égée », a déclaré, Liz Throssell, porte-parole de l’agence onusienne lors d’un point de presse ce mardi à Genève. 

Pour le HCR, il est inhumain de maintenir ces personnes dans « ces conditions inadéquates et précaires et il faut y mettre un terme ».

Selon l’agence onusienne, l’augmentation du nombre d’arrivées en Grèce ces dernières semaines a mis à rude épreuve les capacités d’accueil d’Athènes. En trois mois, près de 10.200 personnes sont arrivées à Lesbos.

« Les arrivées par mer en septembre, principalement de familles afghanes et syriennes, sont passées à 10.258 - le niveau mensuel le plus élevé depuis 2016 -, ce qui aggrave la situation sur les îles qui accueillent désormais 30.000 demandeurs d’asile », a précisé Mme Throssel.

©HCR/Gordon Welters
Une famille syrienne d'Idlib récemment arrivée à Lesbos, en Grèce, a trouvé refuge dans une oliveraie adjacente au centre d'accueil de Moria. (23 septembre 2019)

Une femme tuée dans un incendie à l’intérieur du camp de Moria

La situation à Lesbos, Samos et Kos est critique. Le centre de Moria à Lesbos a ainsi déjà quintuplé sa capacité avec 12.600 personnes.

« Les tensions restent vives à Moria où un incendie survenu dimanche dans un conteneur d’hébergement a tué une femme », a ajouté la porte-parole du HCR qui note qu’une émeute déclenchée par des demandeurs d’asile frustrés a entraîné des affrontements avec la police.

A Samos, le centre d’accueil de Vathy accueille 5.500 personnes, soit huit fois sa capacité. La plupart dorment dans des tentes avec peu d’accès aux latrines, à l’eau potable ou aux soins médicaux. 

La situation s’est également fortement détériorée à Kos, où 3.000 personnes sont hébergées dans un espace de 700 personnes.

Une surpopulation d’autant plus préoccupante que les organismes humanitaires évoquent les chiffres de 4.400 enfants non accompagnés dans ces îles. Selon le HCR, près de 500 enfants sont hébergés avec des adultes sans lien de parenté dans une grande tente à Moria.

A Samos, plus d’une douzaine de filles non accompagnées dorment à tour de rôle dans un petit conteneur, tandis que d’autres enfants sont obligés de dormir sur le toit des conteneurs. Compte tenu des conditions extrêmement risquées auxquelles sont confrontés les enfants non accompagnés, le HCR lance un appel aux Etats européens pour qu’ils ouvrent en priorité des places pour leur réinstallation et accélèrent les transferts des enfants susceptibles de rejoindre des membres de leur famille.

Par ailleurs, si l’agence onusienne a pris note des mesures gouvernementales sur les procédures d’asile annoncées lors d’une réunion exceptionnelle du gpuvernement lundi, elle plaide toutefois pour des mesures urgentes.

« Nous exhortons les autorités grecques à accélérer les plans de transfert de plus de 5.000 demandeurs d’asile déjà autorisés à poursuivre leur procédure d’asile sur le continent », a ajouté le HCR.

©HCR/Gordon Welters
Une camionnette du HCR transfère des familles afghanes nouvellement arrivées du rivage au site de transit de Skala Sikamneas. (25 septembre 2019)

Presque un millier de décès en Méditerranée dont les deux tiers vers l’Italie

Parallèlement, de nouveaux lieux d’hébergement doivent être prévus pour éviter que la pression sur les îles ne déborde sur la Grèce continentale, où la plupart des sites fonctionnent à pleine capacité », a fait valoir la porte-parole du HCR.

De plus, l’agence onusienne estime que des solutions à plus long terme sont également nécessaires, notamment pour aider les réfugiés à devenir autonomes et à s’intégrer en Grèce. 

La Grèce a reçu la majorité des arrivées dans la région méditerranéenne cette année, soit quelque 45.600 sur 77.400, soit plus que l’Espagne (21.972), l’Italie (7.489), Malte (1.585) et Chypre (794) réunis.

Par ailleurs, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) souligne que 994 décès ont été enregistrés sur les trois principales routes de la mer Méditerranée sur les neuf premiers mois de 2019.

Ces 994 morts en mer à la date du 29 septembre comprennent plusieurs dizaines de personnes tuées lors de diverses tragédies maritimes de part et d’autre de la Méditerranée.

Toutefois, selon l’OIM, la Méditerranée centrale reste le principal cimetière marin pour les réfugiés et les migrants tentant de rejoindre l’Europe. Sur cet axe menant à l’Italie et à Malte, l’agence onusienne a comptabilisé 659 décès alors qu’il y a eu 269 morts tragiques en Méditerranée occidentale (Espagne) et 66 décès au niveau de la Méditerranée orientale menant à Chypre et en Grèce.

 

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