300 réfugiés rohingyas débarquent en Indonésie après sept mois d’errance en mer

7 septembre 2020

Près de 300 réfugiés rohingyas sont arrivés sur les côtes indonésiennes lundi après sept mois d’errance en haute mer, a indiqué lundi l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Le HCR « se félicite du débarquement d’environ 300 réfugiés rohingyas à Aceh, sur la côte nord de l’Indonésie, tôt ce matin », a déclaré dans un communiqué, Indrika Ratwatte, Directeur du Bureau régional du HCR pour l’Asie et le Pacifique.

Ces réfugiés rohingyas partis de camps du Bangladesh en février ont passé sept mois en mer, selon des témoignages recueillis par le HCR qui estime à « 30 ceux qui sont morts en cours de voyage ». Au total, ce sont près de 330 réfugiés rohingyas qui auraient embarqué pour cette traversée à Cox’s Bazar, au Bangladesh, en février dernier.

Selon l’agence onusienne, ce périple éprouvant a été prolongé par la réticence collective des États à agir pendant plus de six mois. « Le groupe avait tenté à plusieurs reprises de débarquer au cours de plus de 200 jours passés en mer, sans toutefois en recevoir l’autorisation », souligne le HCR.

Les réfugiés ont rapporté que des dizaines de personnes sont décédées au cours de la traversée. Le HCR et d’autres ont averti à plusieurs reprises des potentielles conséquences désastreuses liées au fait de ne pas autoriser les réfugiés en mer à débarquer de manière sûre et rapide. « Dans les faits, l’inaction de ces six derniers mois a été fatale », regrette le HCR.

Parmi ces miraculés, les deux tiers sont des femmes et des enfants. Ayant survécu à près de sept mois en mer dans des conditions désespérées, un nombre indéterminé d’entre eux ont besoin de soins médicaux.

Le HCR prône un partage des responsabilités dans toute l’Asie du Sud-Est

Le personnel du HCR à Aceh aide les autorités locales à évaluer les besoins des réfugiés. La priorité immédiate est de fournir les premiers secours et les soins médicaux nécessaires. Les réfugiés devaient subir des tests pour vérifier s’ils sont porteurs du coronavirus avant d’être transférés dans un hébergement.
Près d’un million de Rohingyas vivent dans des conditions précaires dans des camps de réfugiés au Bangladesh. L’Indonésie et la Malaisie sont aussi des destinations prisées par les Rohingyas, qui fuient les persécutions au Myanmar.

Le HCR rappelle d’ailleurs que le processus de Bali, seul mécanisme de coordination régionale existant capable de réunir les États pour débattre de la question de ces mouvements maritimes, n’a pas réussi à mettre en place une action régionale globale pour sauver des vies de manière prévisible par le sauvetage et le débarquement.

Lors de la crise de la mer d’Andaman et du golfe du Bengale, il y a cinq ans, les États du processus de Bali ont pourtant reconnu « la nécessité d’une réponse fiable et collective à ce défi véritablement régional ». « Ayant créé un mécanisme permettant de réunir les gouvernements de toute la région dans ce but précis, la promesse de cet engagement reste non tenue », a fait valoir M. Ratwatte.

Pour le HCR, une réponse globale et équitable implique nécessairement un partage des responsabilités et des efforts concrets dans toute l’Asie du Sud-Est, afin que ceux qui autorisent le débarquement et ramènent les personnes en détresse à terre ne portent pas un fardeau disproportionné.

 

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