A Beyrouth, l'éducation, la culture et le patrimoine doivent être les piliers de la reconstruction (UNESCO) 

28 août 2020

En visite à Beyrouth, la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a lancé « Li Beirut », une initiative et un appel de fonds international pour faire de l'éducation, de la culture et du patrimoine les piliers de la reconstruction de la capitale libanaise dévastée par une double explosion au début du mois.

Des débris de verre du préau sont entassés au quatre coins de la cour de l'école . Depuis plusieurs jours, l’armée libanaise, aidée par des militaires français, a déblayé les gravats et retiré la structure de fer éventrée du préau qui menaçait de s’effondrer. Les colonnades qui bordent la cour sont restées intactes mais les murs sont fissurés et les portes endommagées.

Situé dans le quartier de Gemayzé, l’école des trois docteurs n’est distante que d’un kilomètre du port de Beyrouth. L’établissement scolaire n’a pas été épargné par la double explosion qui a dévasté la capitale libanaise le 4 août 2020. 

Principale de l’école, Nayla Khoury Daoun montre ce jeudi à Audrey Azoulay les dégâts de l’explosion sur son établissement. Ancienne de 185 ans, l’école des trois docteurs a traversé plusieurs crises au cours de son existence, notamment la crise économique et la pandémie de Covid-19 qui frappent de plein fouet le Liban. Mais avec les dommages causés par les explosions, une rentrée dans des conditions normales n’est pas envisageable. 

L’UNESCO coordonne les efforts des Nations Unies pour le relèvement de l'éducation à Beyrouth. De tels efforts nécessiteront un financement initial de 23 millions de dollars. L’agence onusienne s'est engagée à réhabiliter 40 des 159 écoles touchées grâce aux fonds déjà collectés. Dans les prochains mois, elle donnera la priorité au financement de la scolarisation et de l'enseignement à distance, une question urgente pour les 85.000 élèves touchés. 

« Nous relèverons Beyrouth en réhabilitant les écoles, préoccupation majeure des familles et l’une des clés de l'avenir du Liban » a déclaré la Directrice générale. À cette fin, la Coalition mondiale pour l'éducation mise en place par l’UNESCO lors de la crise de le Covid-19 organisera le 1er septembre une session spéciale sur la situation au Liban.

Protéger le centre historique de la ville de la spéculation immobilière

La cheffe de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a effectué cette semaine une visite de deux jours à Beyrouth. Lors de ce déplacement, Audrey Azoulay, a lancé jeudi un appel international de fonds pour Li Beirut (« Pour Beyrouth » en arabe), une initiative lancée afin de soutenir la réhabilitation des écoles, des bâtiments du patrimoine historique, des musées, des galeries et de l'économie créative, très gravement touchés par les explosions meurtrières qui ont secoué la capitale libanaise le 4 août.

En lançant Li Beirut, la Directrice générale a exprimé la solidarité indéfectible de l'UNESCO auprès du peuple libanais : « l'UNESCO, dont le Liban est membre fondateur, se tient à vos côtés pour mobiliser la communauté internationale et soutenir le redressement de la ville par et pour la culture, le patrimoine et l'éducation » a-t-elle déclaré. 

Mme Azoulay a insisté sur l'engagement de l'UNESCO à appliquer les normes internationales professionnelles et de gestion les plus exigeantes dans les actions de soutien à l'éducation et à la culture dans le cadre de l'aide des Nations Unies au Liban. « J’appelle solennellement à protéger - par des mesures administratives et règlementaires adaptées - le centre historique des ravages de la spéculation immobilière et des transactions fondées sur le désarroi et la vulnérabilité des habitants » a déclaré la Directrice générale. 

Audrey Azoulay, Directrice générale de l'UNESCO, s'entretient avec les médias lors de sa visite à Beyrouth en août 2020.
UNESCO
Audrey Azoulay, Directrice générale de l'UNESCO, s'entretient avec les médias lors de sa visite à Beyrouth en août 2020.

Un demi-milliard de dollars nécessaire pour soutenir le patrimoine et l'économie créative

L'UNESCO accompagnera également les efforts de coordination internationale pour la réhabilitation et la reconstruction de la culture et du patrimoine de Beyrouth et collectera des fonds pour répondre à la crise qui touche le secteur culturel. 

« Nous devons agir en préservant l'esprit de la ville, reconstruire dans le respect de l’histoire et du caractère unique des quartiers touchés, en soutenant leur énergie créative » a précisé Audrey Azoulay.

Selon les premières estimations préliminaires, un demi-milliard de dollars est nécessaire pour soutenir le patrimoine et l'économie créative au cours de l'année à venir, les musées, les galeries et les institutions culturelles ayant subi des pertes de revenus substantielles. L'UNESCO mènera des interventions prioritaires pour stabiliser, sécuriser et sauvegarder plusieurs bâtiments historiques situés dans les quartiers les plus touchés. « Sans ses quartiers historiques, sans ses créateurs, Beyrouth ne serait plus Beyrouth », a souligné Mme Azoulay. 

La Directrice générale a souligné la détermination de son agence onusienne à mobiliser la communauté internationale « tant pour le patrimoine bâti et les musées que pour le secteur créatif durement touché, en soutenant les artistes et les professionnels de la culture, que l'UNESCO réunira également lors de trois débats ResiliArt en septembre ». 

Pour financer ces opérations sur le terrain, une conférence des donateurs de l'UNESCO pour Beyrouth sera organisée avant la fin du mois de septembre 2020.

 

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