Portrait d'un jeune conseiller climat de l’ONU

10 août 2020

Le 12 août prochain, Nathan Metenier, 21 ans, a un rendez-vous un peu spécial. Il rencontrera pour la première fois, en visio-conférence, le Secrétaire général des Nations Unies, en tant que « jeune conseiller pour le climat ».

Il fait partie d’un groupe de sept jeunes, sélectionnés à travers le monde, pour fournir « des perspectives, des idées et des solutions qui nous aideront à intensifier l’action en faveur du climat », selon les mots d’António Guterres.

Malgré son jeune âge, Nathan est déjà un activiste aguerri, passionné par les questions environnementales depuis son adolescence. 

« J’ai grandi à Grenoble, dans une région de montagne. Ici l’impact des changements climatiques est visible. Dans le cadre de mes études, j’ai été aussi amené à m’interroger sur l’impact de ces changements sur l’économie et la société », explique-t-il dans une interview accordée au Centre régional d’information des Nations Unies (UNRIC) à Bruxelles.

Ses premières batailles, il les a menées à la maison, chez ses parents, qu’il a sensibilisé à ces questions et les a amenés à changer certaines de leurs habitudes. Puis au sein du monde universitaire afin que les questions climatiques et celles concernant la préservation de la biodiversité soient incluses dans les cursus.

Après ses études à Sciences Po, à Grenoble, il a passé une année à Edimbourg, en Ecosse, pour se former aux politiques environnementales et énergétiques. C’est là qu’il a rejoint un premier groupe de jeunes européens pour le climat. L’année prochaine, il partira à Londres pour un Master en relations internationales et politiques environnementales.
 

UNRIC/ N.Metenier
En juillet 2020, le Secrétaire général des Nations Unies a selectionné 7 Jeunes conseillers pour le climat, pour fournir des perspectives, des idées et des solutions qui nous aideront à intensifier l’action en faveur du climat.

 

Pour des « dialogues structurés » avec la jeunesse

La mobilisation de la jeunesse, très forte depuis 2018, a « mis la pression sur les dirigeants ». 

« Cette prise de conscience est un tremblement de terre. C’est une prise de conscience par tous et pour tous. Sans les marches pour le climat et l’influence des coalitions de jeunes européens, l’Union européenne n’aurait peut-être pas adopté le Green Deal », estime Nathan. « Même s’il est très insuffisant, cet accord est déjà un premier pas ».

Initiateur et coordinateur de la coalition  Generation Climat Europe, et porte-parole du réseau Youth Environnement Europe, il se bat notamment pour que la voix des jeunes soit entendue dans les instances internationales et nationales. 
« Certains pays comme l’Allemagne ou la Danemark, ont déjà des dialogues structurés avec des jeunes sur ces questions. Nous militons pour qu’il y en ait plus, au niveau national mais aussi international ».
 
Battre le pavé, alerter, ne suffit pas. Les jeunes veulent discuter directement avec les décideurs. C’est exactement la fonction du groupe de « jeunes conseillers pour le climat » du Secrétaire général de l’ONU, crée en juillet dernier.
« C’est une initiative inédite d’inviter de jeunes activistes au plus haut niveau de décision. Nous pourrons conseiller le Secrétaire général mais aussi discuter avec les autres organisations de l’ONU, comme l’UNICEF, l’UNESCO ou le PNUD », explique Nathan.

Nous garderons notre esprit critique

« Nous aurons des rendez-vous avec M. Guterres tous les trois mois, jusqu’à la fin 2021. C’est un dialogue structuré qui permet de donner notre point de vue mais aussi d’évaluer les avancées au fur et à mesure », poursuit-il. Et de reprendre, « nous ne souhaitons cependant pas être simplement une caution jeune et garderons notre esprit critique ».

Pour lui, l’écologie est indissociable de la lutte contre les exclusions.

« L’action pour le climat ne consiste pas seulement à réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi à créer des emplois verts dans un monde post-COVID, à préserver notre santé et notre biodiversité et à protéger les communautés les plus pauvres et les plus marginalisées » dit Nathan qui résume ainsi les ambitions de l’Agenda 2030 et ses 17 Objectifs de développement durable.

Lors du premier rendez-vous du groupe de jeunes conseillers avec le chef de l’ONU, Nathan souhaite aborder plusieurs sujets dont la manière d’obtenir l’arrêt de tous les investissements dans les énergies fossiles, la possibilité pour les jeunes de faire entendre leurs voix dans toutes les organisations de l’ONU et la question des « dividendes insolents » qui continuent à être distribués par des entreprises aux actionnaires malgré la crise et les licenciements.

Les six autres « conseillers », entre 18 et 28 ans, viennent du Soudan, de la Moldavie, des Etats Unis, des îles Fidji, du Brésil et de l’Inde.

« Cette diversité est passionnante. Nous avons des approches différentes, des problématiques particulières et des solutions aussi variées. C’est extrêmement enrichissant de faire partie d’un groupe comme celui-ci », ajoute Nathan, très honoré d’avoir été sélectionné pour cette expérience nouvelle souhaitée par le Secrétaire général.

Cet article a été produit par le Centre régional d’information des Nations Unies (UNRIC) à Bruxelles.

 

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