Colombie : plus de 200 ex-combattants des FARC tués depuis la signature de l’accord de paix

14 juillet 2020

L’envoyé de l’ONU en Colombie a réitéré mardi devant le Conseil de sécurité la préoccupation des Nations Unies concernant l’insécurité qui frappe les anciens combattants des FARC-EP, les communautés, les défenseurs des droits de l’homme et les leaders sociaux du pays.

Selon le Représentant spécial du Secrétaire général en Colombie, Carlos Ruiz Massieu, cette insécurité « a malheureusement continué pendant la pandémie » de coronavirus. En date du 14 juillet, plus de 150.000 cas de Covid-19 enregistrés dans ce pays d’Amérique du Sud ont été rapportés à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dont plus de 5.300 décès.

« Malgré l'engagement et les mesures mises en œuvre par le gouvernement et les autorités de l'État, plus de 200 ex-combattants ont été tués depuis la signature de l'accord de paix, atteignant le chiffre de 210 morts », a déclaré devant le Conseil M. Ruiz Massieu qui dirige également la Mission des Nations Unies en Colombie.

« La violence contre ceux qui ont déposé leurs armes dans le cadre de l'accord, et contre ceux qui défendent les droits de l'homme et les droits des communautés dévastées par le conflit continuent d'être la menace la plus grave pour la construction de la paix en Colombie », a souligné le Représentant spécial.

Dans son dernier rapport trimestriel sur la situation en Colombie, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, reconnaît les efforts du gouvernement colombien et des FARC dans les efforts de consolidation de la paix malgré les difficultés engendrées par la pandémie de Covid-19. M. Ruiz Massieu a salué les arrestations d’auteurs présumés de certains des meurtres et a estimé qu’elles sont un exemple des résultats que peuvent apporter les mécanismes de l’accord de paix ainsi que de la nécessité de les appuyer.

Présence accrue de l'Etat dans des zones longtemps négligées

Mais le Représentant spécial a fait part de ses préoccupations concernant la sécurité des anciens combattants des FARC toujours menacés bien qu’ils soient engagés dans des processus de désarmement et de réintégration. 

Depuis la création des Zones territoriales de formation et de réintégration (TATR), les autorités locales ont souligné la présence accrue de l'État dans des zones longtemps négligées à travers le pays. « La présence de l'État ne doit pas être affaiblie mais renforcée », a insisté l’envoyé de l’ONU, ajoutant que « la présence consolidée et intégrée des institutions publiques est la solution à long terme à la violence qui sévit dans les régions rurales de la Colombie ».

Ces dernières semaines, les incidents de violence sexuelle en Colombie commis par des membres des forces de sécurité publique ont été à la une, soulevant la consternation de la société colombienne. « Ces cas, qui ont été fermement condamnés par le Président et le Ministre de la défense et qui font actuellement l'objet d'une enquête, rappellent douloureusement les horribles actes de violence sexuelle et sexiste commis par toutes les parties au conflit colombien », a dit M. Ruiz Massieu.

Le chef de la mission onusienne s’est également dit préoccupé par l'augmentation des signalements de violences sexuelles et sexistes dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Il a encouragé toutes les parties à redoubler de mesures pour améliorer la protection et la sécurité des femmes, y compris les anciennes combattantes, les leaders sociales et les défenseures des droits humains.

M. Ruiz Massieu espère que la résolution 2532 du Conseil de sécurité adoptée le 1er juillet et demandant un cessez-le-feu mondial dans le contexte de la lutte contre le coronavirus pourra inspirer toutes les parties colombiennes à mettre un terme à la violence et à faciliter la riposte à la pandémie. « Rien ne justifie de continuer à infliger des violences aux Colombiens vulnérables qui sont déjà dans une situation extrêmement difficile », a insisté l’envoyé onusien.

 

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