Des mesures urgentes sont nécessaires pour mettre fin à la pandémie de violence sexiste, selon des expertes

14 juillet 2020

La Covid-19 a déclenché une pandémie de violence sexiste et de discrimination à l'égard des femmes qui nécessite une action urgente, ont prévenu mardi des expertes de l'ONU et d'organisations partenaires.

Alors que de nombreux pays ont imposé des restrictions pour lutter contre la pandémie de Covid-19, le monde a connu « une augmentation spectaculaire des cas de violence domestique, y compris la violence de la part de conjoints, la violence sexuelle et le féminicide », ont déclaré sept expertes dans un communiqué conjoint.

Elles appellent à ce que des mesures soient prises de toute urgence pour lutter contre ce phénomène.

« La réponse mondiale à la pandémie de Covid-19 a mis en évidence les lacunes existantes et une discrimination sexiste profondément enracinée », ont-elles déclaré. « Moins d'interventions policières et la fermeture des tribunaux, des abris et des services essentiels pour les victimes ont enhardi les auteurs et aggravé les risques encourus par les femmes et les filles ».

Selon les expertes, les restrictions à la fourniture de services de santé et de santé génésique, l'augmentation des responsabilités en matière de soins domestiques et non rémunérés et le fardeau de subvenir aux besoins essentiels de la vie familiale pèsent sur le bien-être physique et mental des femmes partout dans le monde.

De plus, la fermeture des écoles pose un problème supplémentaire car des millions de filles sont retenues à la maison, augmentant le risque d'exploitation sexuelle, de grossesses précoces, de viol, de mariages précoces, de mariages forcés et de mutilations génitales féminines, ont expliqué les expertes.

« Alors que le monde lutte pour contenir la pandémie de Covid-19, nous appelons tous les États à saisir l'occasion de « reconstruire en mieux » en renforçant et en élargissant les efforts qu'ils ont déjà déployés pour promouvoir et protéger les droits des femmes dans tous les domaines de la vie. », ont-elles conclu. 

Les signataires de ce communiqué conjoint sont :

Dubravka Šimonovic, Rapporteure spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences; Hilary Gbedemah, Présidente du Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW); Elizabeth Broderick, Présidente du Groupe de travail des Nations Unies sur la question de la discrimination à l'égard des femmes en droit et en pratique; Marceline Naudi, Présidente du Groupe d'experts sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique du Conseil de l'Europe (GREVIO); Margarette May Macaulay, Rapporteure sur les droits des femmes  de la Commission interaméricaine des droits de l'homme; Lucy Asuagbor, Rapporteure spéciale sur les droits des femmes en Afrique; et Tatiana Rein Venegas, Présidente du Comité d'experts du mécanisme de suivi de la Convention de Belém do Pará.

NOTE :

Les Rapporteurs spéciaux de l'ONU font partie de ce que l'on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, le plus grand organe d'experts indépendants du système des droits de l'homme des Nations unies, est le nom général des mécanismes indépendants d'enquête et de surveillance du Conseil qui s'occupent soit de situations de pays spécifiques soit de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne font pas partie du personnel des Nations unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et travaillent à titre individuel.

 

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