Sainte Sophie à Istanbul : l’UNESCO regrette la décision des autorités turques

10 juillet 2020

La Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a déclaré vendredi regretter vivement la décision des autorités turques, prise sans dialogue préalable, de modifier le statut de Sainte Sophie, à Istanbul. Elle a fait part ce soir de sa profonde préoccupation à l’ambassadeur de Turquie auprès de l’UNESCO.

Selon la presse, un tribunal turc a retiré le statut de musée dont bénéficiait le monument depuis 1934. Dans la foulée, le Président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé l’ouverture de l’ex-basilique byzantine aux prières musulmanes.

Sainte-Sophie est une composante des Zones historiques d’Istanbul inscrite au patrimoine mondial de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

« Sainte Sophie est un chef d’œuvre architectural et un témoignage unique de la rencontre de l’Europe et de l’Asie au cours des siècles. Son statut de musée reflète l’universalité de son héritage et en fait un puissant symbole de dialogue », a déclaré Mme Azoulay dans un communiqué de presse.

Selon l’agence onusienne, la décision annoncée vendredi soulève la question de l’impact du changement de statut sur la valeur universelle du bien. Ainsi, un État doit veiller à ce qu’aucune modification ne porte atteinte à la valeur exceptionnelle universelle d’un bien inscrit sur son territoire. Toute modification en ce sens doit faire l’objet d’une notification préalable à l’UNESCO et, le cas échéant, d’un examen par le Comité du Patrimoine mondial.

Appel à ouvrir un dialogue

L’UNESCO rappelle par ailleurs qu’une participation effective, inclusive, et équitable des communautés et autres parties prenantes concernées par le bien, est une condition nécessaire pour préserver ce patrimoine et mettre en valeur son caractère unique et sa signification. Cette exigence sert la protection et la transmission de la valeur universelle exceptionnelle du patrimoine et est inhérente à l'esprit de la Convention du patrimoine mondial. 

« Ces préoccupations avaient été notifiées à la Turquie dans plusieurs courriers et encore hier soir au représentant de la délégation turque auprès de l’UNESCO. A cet égard, il est regrettable que la décision n’ait fait l’objet d’aucun dialogue ou notification préalable.

L’UNESCO appelle les autorités turques à ouvrir ce dialogue sans délai, afin d’éviter un recul sur l’universalité de ce patrimoine exceptionnel dont l’état de conservation sera examiné par le Comité du Patrimoine mondial à sa prochaine session », a dit l’agence onusienne.

« Il est important d’éviter toute mesure de mise en œuvre qui ne serait pas préalablement discutée avec l’UNESCO et qui entrainerait des conséquences sur l’accès physique, sur la structure du bâti, sur les biens mobiliers et sur le mode de gestion du site », a souligné Ernesto Ottone Ramirez, Sous-Directeur général de l’UNESCO pour la culture. De telles mesures pourraient en effet constituer des violations des règles issues de la Convention du Patrimoine mondial de 1972.

 

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