ENTRETIEN - Au temps du coronavirus, les "entrepreneurs de l’intolérance" sont à la manœuvre

16 avril 2020

La pandémie de Covid-19 a exacerbé le racisme et l’intolérance préexistants partout dans le monde. Une experte indépendante de l’ONU appelle à ne pas y être indifférent que l’on soit victime ou témoin de tels actes.

Tendayi Achiume est professeure de droit et directrice de l’Institut ‘Promise’ sur les droits humains à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Rapporteure spéciale des Nations Unies sur le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et d’autres formes d’intolérance depuis 2017, elle revient sur l’exacerbation des attaques racistes durant cette pandémie de Covid-19 et pourquoi la société ne doit pas s’y résigner. ONU Info s’est entretenu avec elle.

ONU Info : Le mois dernier, vous avez dénoncé les attaques racistes et xénophobes croissantes en lien avec le coronavirus. Comment expliquer la persistance voire même la multiplication de tels actes, précisément à un moment où nous devrions nous unir contre la pandémie ?

Tendayi Achiume : Vous avez raison de dire qu’il est contre-intuitif qu'à un moment où il y a tellement de risques et d'incertitudes qu'il y ait également un ciblage de certains groupes, et ce qui semble être une augmentation de l'intolérance et des préjugés.

Mais je pense que cela a à voir avec le fait que dans des situations d'urgence comme celles que nous connaissons aujourd’hui, les problèmes sous-jacents qui existent sont tout simplement exacerbés. Beaucoup des groupes visés étaient déjà sujets à une intolérance latente, à la xénophobie et aux préjugés.

Prenons l'exemple des Américains d'origine asiatique ou des personnes perçues comme étant d'origine asiatique aux États-Unis en ce moment, qui ont fait l'objet d'attaques xénophobes et racistes à la suite du Covid-19.

C’est également le cas des Africains qui font actuellement l'objet de diverses mesures en Chine, également en réponse à la pandémie de Covid-19.

Les Roms, également ciblés dans plusieurs pays européens, sont accusés de propager le virus et soumis à des mesures extrêmes. De nombreux membres de ces groupes peuvent vous raconter la longue histoire de discrimination raciale et de xénophobie qu’ils ont subies bien avant le début de cette pandémie.

Ce sont des groupes qui, en général, sont vulnérables au racisme et à la xénophobie. Je dirais donc que nous devrions comprendre ces attaques comme mettant à nu dans de nombreux endroits des préjugés souvent latents. Et dans cette pandémie, ces préjugés deviennent encore plus prononcés.

Et tout cela est combiné avec le fait que vous avez réellement des acteurs que vous pourriez considérer comme des entrepreneurs de l'intolérance. Certains acteurs, qu'ils soient des femmes et hommes politiques ou des médias, cherchent réellement à tirer profit des difficultés actuelles et à exacerber et à enflammer l'intolérance.

Je fais référence ici aux responsables politiques qui ont fait des déclarations qui sont, explicitement ou implicitement, xénophobes. J’y faisais référence dans mon communiqué en mars. Aux Etats-Unis par exemple, le Président a désigné à plusieurs reprises le virus comme le « virus de la Chine ». Et cela se produit également dans différentes parties du monde.

Ce type de déclaration à des niveaux élevés de responsabilité politique signale une acceptabilité de la stigmatisation de régions spécifiques, de groupes spécifiques, de personnes qui viennent de ces régions, d'une manière qui ne fait que permettre aux individus d'agir d'une manière qu'ils auraient autrement considéré comme inacceptable.

Photo ONU/Eskinder Debebe
Tendayi Achiume, Rapporteure spéciale sur le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et d’autres formes d’intolérance

ONU Info : Vraisemblablement, ces récits ou actions sont très nuisibles ?

T.A. : Absolument. Il y a des individus et des groupes qui font l'objet de racisme et de xénophobie, parce qu'ils sont d'une ethnie particulière, d'une race particulière ou d'une origine nationale particulière, et parfois tout simplement parce qu'ils sont présumés en faire partie. Vous avez des exemples de Vietnamiens qui sont attaqués parce que leurs agresseurs les considèrent Chinois.

Aux États-Unis, nous voyons des exemples d'attaques verbales mais aussi de stigmatisation sociale. Lorsque vous marchez dans la rue et disons que vous êtes perçu comme étant d'origine asiatique, il y a de la part des gens une forme de distanciation sociale, mais aussi ces regards et attitudes qui montrent que quelque chose de racialisé est en train de se produire.

Il y a eu des exemples de crachats, puis il y a aussi de la violence physique, des gens qui sont battus parce qu'ils sont présumés appartenir à une ethnie ou à un groupe racial associé à la propagation de la maladie, alors que nous savons que ce n'est pas ainsi que cela fonctionne. Les groupes visés ne sont pas plus sujets au virus, mais c'est ce qui se passe.

En Europe, vous avez des exemples de personnes privées d'accès à des biens et services. J’ai pu consulter plusieurs exemples qui ont été rapportés par l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne qui vient de publier un rapport sur le Covid-19 avec une section consacrée aux discriminations.

En Europe, vous avez des exemples de personnes privées d'accès à des biens et services

Le rapport parle de personnes d'origine asiatique ou qui sont perçues comme telles se voir refuser le droit de louer des appartements. Des gens se voient refuser l'accès aux soins de santé.

Ce ne sont que des exemples, je ne dis pas que c'est partout comme cela en Europe, mais ce sont des exemples qui sont mis en évidence dans le rapport qui mentionne également le fait que des personnes d'origine asiatique se voient refuser l'accès à des restaurants ou à des écoles et cela avant que certaines des mesures n’aient été mises en œuvre.

Et puis en Chine, des Africains sont expulsés de leurs résidences à Guangzhou, voient leurs passeports confisqués, sont interdits d'accès à des restaurants.

Ce sont donc des exemples des types de préjudices subis par des individus et des groupes. Je tiens également à souligner les coûts mentaux et émotionnels et la peur que ces groupes doivent supporter à la suite de ces attaques. Je veux également souligner le tort causé à la société en général. Face à une pandémie comme celle-ci, le racisme et la xénophobie mettent en fait tout le monde en danger. Si vous utilisez le profilage racial dans la mise en œuvre de vos mesures de santé publique, vous mettez votre population entière en danger parce que les virus n'obéissent pas aux règles raciales.

Il y a également eu des récits anecdotiques de personnes ayant été contrôlées ou interrogées de façon ciblée dans les aéroports de plusieurs pays pour des questions liés au Covid-19 ou pour des tests, sur la base de leur apparence. Des personnes étant perçues comme asiatiques ont donc été arrêtées dans des aéroports. Et cela est arrivé à un moment où l'Europe s'était déjà imposée comme épicentre de la pandémie.

Et si vous êtes un pays qui utilise le profilage racial pour déterminer qui vous allez tester plutôt que des mécanismes plus scientifiques, lorsque vous permettez aux stéréotypes et aux préjugés de s'infiltrer réellement dans les réponses politiques à la maladie, vous risquez de mettre toute la communauté à risque, la désinformation qui peut se propager par le racisme et la xénophobie peut être très dangereuse.

Photo Khaled Abdul Wahab
Voyageurs arrivant à l'aéroport de Louxor, en Egypte, sont testés pour les symptomes du coronavirus.

ONU Info : Si j'étais l'une des cibles. Que devrais-je faire à part avoir peur et me cacher?

T. A. : La première chose que je pense, c'est que vous devez absolument prendre soin de vous. La première chose que vous devez prioriser est votre sécurité.

Si vous vous sentez en sécurité, il est très important pour les personnes qui subissent des attaques ou toute sorte de discrimination ou d'intolérance de signaler les incidents, et j'espère que les gens se trouvent dans des endroits où ils se sentent en sécurité pour signaler les incidents aux autorités, à la police ou à tout mécanisme pouvant exister.

Signaler ces incidents est important pour deux raisons. L'une concerne la reddition de comptes, mais elle est également importante pour la constitution de dossiers. L'un des défis en termes de lutte contre les actes xénophobes, intolérants et racistes peut être ce manque de données exploitables.

Et parfois, cela s’explique par le fait que les communautés ne se sentent pas à l'aise ou ne se sentent pas en sécurité pour signaler de tels incidents ou parce qu'elles pensent que même si elles les signalent, rien ne se passera, rien ne se fera jamais parce que la personne n'est jamais vraiment appréhendée.

Même si vous pensez que les responsables ne seront pas appréhendés, établir des rapports, faire une déposition, porter plainte montrent vraiment à quel point la nature d'un problème est omniprésente.

Et au moins aux États-Unis, je le sais, et cela peut aussi être vrai dans d'autres endroits, il y a aussi eu des organisations privées qui ont entrepris de documenter ces attaques. Donc, si vous ne pouvez pas aller à la police, il se peut qu'il y ait un groupe ou une organisation dans votre pays, dans votre quartier, dans votre région, qui puisse être en mesure de recueillir ces informations.

Le Fond asiatico-américain pour la sensibilisation et la défense juridique (Asian American Legal Defence and Education Fund), par exemple, dispose d'une hotline téléphonique pour collecter ces informations.

Et puis, au-delà des individus qui sont victimes de ces attaques, nous pensons parfois que lorsque le racisme, la xénophobie se produisent, ce sont seulement les groupes qui sont visés, qui doivent agir. Ce n’est absolument pas vrai. Tout le monde a un rôle à jouer.

Et une chose que nous pouvons tous faire, c'est de dénoncer la discrimination, la xénophobie et l'intolérance. L'une des choses qui peut être la plus difficile à propos de l'intolérance, de la xénophobie, du racisme, c'est que le monde ou la population en général ou l'ethnie majoritaire ne se soucient pas vraiment de vos conditions, car ils ne s'expriment pas lorsque ce genre d'incidents prend place.

Je pense donc faire preuve de solidarité même si ce n'est que sur les réseaux sociaux. Tous les problèmes ne peuvent pas être résolus par le plaidoyer sur les médias sociaux. Mais je pense que le simple fait de dénoncer la discrimination et la xénophobie, de s'exprimer solidairement et de montrer son soutien aux groupes qui sont attaqués en ligne, ces expressions de soutien et de solidarité sont absolument importantes.

Pour les gouvernements, je pense qu'ils doivent s'assurer qu'ils ont les processus et les mécanismes en place pour réellement prendre les plaintes au sérieux. Pour qu'il y ait une responsabilité établie pour ces attaques. Là où c’est possible, il doit y avoir des endroits où les gens peuvent se rendre et des politiques en place pour répondre à ce genre d'attaques, et les gouvernements doivent donc vraiment s'engager dans ce domaine.

Et dans certains endroits, je reçois des rapports faisant état de discrimination également chez les forces de l'ordre, y compris des cas de licenciement. Vous allez signaler un cas d'intolérance et vous êtes renvoyé. Cela montre comment la discrimination raciale est également présente au sein des autorités censées faire respecter la loi et le droit.

Les médias doivent également assumer leurs responsabilités. Il y a eu de très bons reportages médiatiques qui ont essayé de repousser les stéréotypes et les préjugés. Mais il y a aussi eu des exemples de couverture xénophobe.

Lorsqu'il y a une couverture médiatique des Africains et de l'Afrique par exemple, et pas seulement en Chine mais aussi dans d'autres parties du monde, il y a un type de couverture dominant, dépeignant « l’Autre » qui fait que quand une crise survient, tout ce que nous retenons, ce sont ces stéréotypes qui se trouvent dans les films et les vidéoclips, partout et dans des endroits qui ne sont absolument pas liés.

Et puis la dernière chose que je dirai, c'est l'éducation. Je pense qu'il est nécessaire que les gens s'instruisent sur les conditions dans lesquelles vivent les groupes raciaux et ethniques minoritaires, sur la façon dont ces groupes sont marginalisés structurellement et systémiquement, sur les histoires qui les accompagnent et sur la façon dont l'inaction elle-même peut faire partie du problème.

Je pense qu'il est nécessaire que les gens s'instruisent sur les conditions dans lesquelles vivent les groupes raciaux et ethniques minoritaires

Une partie du défi consiste à amener les gens à voir les autres comme des êtres humains, puis à relier également les façons dont vous subissez la discrimination aux façons dont les autres personnes subissent la discrimination.

Nous avons donc parlé du traitement des Africains en Chine. Vous pourriez penser au traitement des Chinois sur le continent africain. On pourrait imaginer que les gens de part et d’autre ressentent de la sympathie ou de la compassion mais ce n’est pas toujours le cas.

Mais c'est pourquoi je continue de revenir à l'éducation, vous savez. Je pense vraiment que l'éducation fait une très grande différence. Nous continuons à nous appuyer sur les stéréotypes, sur d'où nous venons, et certains de ces stéréotypes sont vraiment profonds.

Ces stéréotypes sur les réfugiés et les migrants porteurs de maladies, par exemple, et généralement lorsque nous pensons aux migrants et aux réfugiés, les images qui nous viennent à l’esprit sont des images d'individus non blancs, pauvres et en mouvement. Et nous savons que ce sont des migrants et des réfugiés qui ne font pas partie de cette catégorie. Mais même la catégorie des réfugiés et des migrants qui, selon nous, sont porteurs de maladies est racialisée.

Pourquoi pensons-nous cela ? Ce que nous voyons dans les médias, ce que nous entendons les femmes et hommes politiques dire renforce ces idées. Et tout ce que nous savons sur la science et la médecine et sur a façon dont les maladies sont communiquées est oublié et nous nous engageons nous-mêmes dans des actes discriminatoires vis-à-vis de groupes spécifiques.

Je pense donc que l'éducation est absolument essentielle et plus nous pouvons vraiment voir les autres en tant que personnes, voir les autres groupes comme des êtres humains à part entière, plus il devient difficile de se livrer à des actes de discrimination nonchalante. J'aimerais vraiment y croire. Et si ce n'est pas le cas, nous sommes en difficulté.

ONU Info : Pensez-vous que cette pandémie va exacerber la discrimination raciale, la xénophobie ou la haine des minorités ethniques, des personnes qui ne sont pas originaires des pays dans lesquels ils vivent maintenant ? Pensez-vous que les progrès que nous avons accomplis en matière d'égalité ethnique seront inversés à cause de ce qui s'est passé ?

T.A. : Je pense que les réponses à ces questions ne sont pas déterminées à l'avance, et je pense que cela dépend vraiment de la dynamique à saisir et de la personne qui est disposée à exercer le plus d'énergie, d'influence et de voix au cours de cette période.

Je vous ai dit plus tôt que je pense vraiment qu'il y a des groupes qui profitent de la xénophobie et du racisme, des groupes qui tentent de tirer parti de cela. Les pays où les dirigeants se sont exprimés de manière xénophobe et raciste, cela fait partie d'un projet politique plus vaste visant à consolider le pouvoir en termes raciaux et ethniques.

Je pense donc qu'il y a une question de leadership ici. Je pense que si nous avons des leaders forts qui s'expriment et qui disent que c'est complètement inacceptable. Les communautés, et pas seulement les communautés qui sont affectées, mais même les communautés qui ne sont pas affectées et les communautés qui ne sont jamais affectées, doivent également sortir et vraiment parler et agir afin que le racisme et la xénophobie ne s'aggrave pas.

Il y a matière à agir. Rien n'est déterminé. Et l'une des choses qui me réjouit, c'est de voir tous les actes de solidarité, les déclarations que les groupes ont faites pour soutenir ceux qui subissent des attaques. Il y a aussi eu de la solidarité. Il n’y a pas que de la xénophobie et du racisme.

Il y a eu par exemple ce réfugié syrien en Allemagne prêt à faire des courses pour d'autres groupes. Etre la cible de tant d'intolérance et se retourner et dire : ‘je vais faire toutes ces choses en vivant de la gentillesse de mon cœur’. Ces choses sont importantes à souligner également.

Il peut être facile de se concentrer sur toutes les façons dont nous pouvons recourir à l'engagement les uns avec les autres qui sont si déraisonnables et irrationnelles, mais je pense que nous pouvons également nous concentrer sur des actes radicaux de soutien et d'interconnexion qui se déroulent également en ce moment.

Nous sommes capables d'actes radicaux de bienveillance de la même manière que nous sommes capables d'actes radicaux d'intolérance.

Et je pense que les forces qui tirent partie de l'intolérance espèrent que tout ce que nous voyons sont les histoires négatives plutôt que celles positives.

ONU Info : Une fois la pandémie terminée, que peut-on faire dans des domaines tels que la législation, les changements de politique ou le plaidoyer afin d'éviter de creuser la fracture raciale et de reculer dans la réalisation de l'égalité et des droits de l'homme pour tous ?

T.A. : Une des façons de garantir qu’il n’y ait pas ce genre de xénophobie et de racisme la prochaine fois il y aura une pandémie est, je pense, d’investir simplement dans la lutte contre la discrimination et dans la promotion de l'égalité, même en dehors du contexte d'une situation d'urgence.

Ainsi, lorsque les choses redeviennent normales, ceux qui en ont la capacité devraient investir dans des organisations et des groupes qui luttent contre la discrimination raciale. En ma qualité de Rapporteure spéciale, j'ai été stupéfaite par le sous-financement existant au sein des groupes de défense des droits de l'homme et même au sein d'organisations internationales engagées en faveur des droits de l'homme, j'ai été stupéfaite par le peu d'attention accordée à la lutte contre la discrimination raciale et la discrimination xénophobe en comparaison à d'autres domaines. Et donc investir vraiment dans ce travail, même en l'absence de crise, signifie que les structures et les façons de comprendre les relations entre nous seront maintenues avant même que nous arrivions à des points de crise. Je pense que c'est important.

Les étudiants devraient exiger plus d'éducation sur la discrimination raciale et xénophobe

Les étudiants devraient exiger plus d'éducation sur la discrimination raciale et xénophobe et sur la manière de la combattre, exiger une éducation qui les aide à être plus tolérants et plus capables de vivre dans un contexte de diversité.

Les journalistes, les acteurs humanitaires internationaux, les avocats, tous ceux qui se comprennent comme acteurs du système des Nations Unies ou d’un monde interconnecté à l'échelle mondiale sont aussi concernés. Je pense qu'il y a encore une fois un besoin de nous éduquer et d’éduquer les autres, sur l'histoire et le présent de la discrimination raciale et xénophobe en général pour que lors d’une prochaine pandémie, on ne se demande pourquoi ces problèmes arrivent comme ça de nulle part. Mais qu’il y ait des structures en place et des approches qui comprennent et relient ces conditions exceptionnelles aux structures d'exclusion qui existent.

Il faudra penser à un monde post-pandémie plutôt que de simplement revenir à la normale et penser que tout va bien. Si vous vivez à Guangzhou, en Chine, vous devriez vous demander : dans quelles conditions vivent les Africains dans ma ville ? Et que puis-je faire pour améliorer leurs conditions ? Si vous résidez à New York, demandez-vous ce que cela pourrait être de vivre ici en tant que personne d'origine asiatique. Et comment puis-je faire de ma communauté un espace plus accueillant et équitable pour ces groupes, même en dehors du contexte du Covid-19.

Je pense donc que ce type d'engagement profond est absolument nécessaire. Et nous devrions nous opposer à tout type de sentiment selon lequel il existe une solution facile à disposition. Honnêtement, je pense vraiment qu'il s'agit de prendre le temps de réfléchir aux types de mondes dans lesquels nous voulons vivre.

Les raisons de l'intolérance et des préjugés tant accentués que nous voyons aujourd’hui a ses racines dans la période qui l'a précédée. Une période au cours de laquelle il y a eu un désinvestissement dans la cause de l'égalité, de la non-discrimination et du refus de la xénophobie et du racisme dans le discours public. Je pense qu'il y a vraiment eu un désinvestissement dans ce domaine et nous en voyons aujourd’hui les conséquences.

 

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