Libye : l’ONU note des progrès à Genève mais met en garde contre tout acte provocateur

6 février 2020

L’envoyé de l’ONU en Libye a fait part jeudi de progrès au quatrième jour des pourparlers entre les parties libyennes réunies à Genève afin de parvenir à un cessez-le-feu.

« Des progrès ont été faits sur plusieurs questions importantes et nous avons devant nous un nombre important de points de convergence », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, lors d’une conférence de presse au Palais des Nations.

« Sommes nous contents avec ce que nous avons ? Oui certainement. Est-ce terminé ? Certainement pas », a dit M. Salamé qui assure la médiation entre les parties libyennes présentes dans la ville suisse.

L’Office des Nations Unies à Genève accueille depuis lundi les réunions de la Commission militaire conjointe libyenne. Le Gouvernement d’accord national de Fayez al-Sarraj reconnu par l’ONU et l’Armée nationale libyenne dirigée par Khalifa Haftar ont chacun dépêché cinq représentants militaires de haut rang pour cette réunion dans la ville suisse organisée sous la médiation de l’envoyé onusien en Libye.

M. Salamé, qui dirige également la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), s’est félicité du « haut degré de professionnalisme » dont ont fait preuves les délégations libyennes dans la discussion des « points souvent techniques » liés au cessez-le-feu.

Le Représentant spécial a toutefois souligné que la réussite des négociations à Genève dépend également de l’évolution de la situation militaire en Libye.

« Durant ces pourparlers, les négociateurs seraient très certainement aidés par plus de calme sur les fronts et par l’absence de tout acte – tout acte provocateur – sur le plan militaire de la part de toutes les parties au conflit », a-t-il dit. Un calme qui, selon M. Salamé, permettraient aux délégations présentes en Suisse « de progresser dans un environnement aussi rationnel et modéré que possible ».

Depuis Genève, l’envoyé onusien a indiqué que la partie économique et financière des pourparlers libyens débuteront le 9 février au Caire, en Egypte.

M. Salamé a reconnu devant les journalistes que la partie politique des pourparlers « est un peu à la traine parce que nous attendons que les deux délégations sélectionnent leurs représentants ».

Le Représentant spécial s’est dit confiant sur le fait que les 40 participants sélectionnés seront présents à Genève pour le début du dialogue politique prévu le 26 février.

Interrogé sur le fait que les délégations libyennes ne soient pas réunies dans la même pièce à Genève, M. Salamé a indiqué que les Nations Unies n’ont pas fait pression pour que ce format commun soit un préalable et précisé que les deux parties ne l’ont pas exigé.

« Ce qui nous importe, c’est leur accord. Si cet accord est plus facilement atteint par une diplomatie de navette, nous n’avons aucun problème pour cela », a dit le médiateur onusien.

« C’est un peu leur avis pour le moment. Donc nous respectons leurs avis », a-t-il ajouté.

« Je ne suis pas venu à Genève pour avoir une photo avec deux personnes qui se serrent la main. Ce n’est pas mon objectif. Mon objectif est d’arriver à un accord », a souligné le Représentant spécial.

 

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