Libye : les belligérants sont d'accord sur la nécessité d'un cessez-le-feu durable, selon l’envoyé de l'ONU

4 février 2020

Les deux parties au conflit en Libye sont d’accord sur la nécessité d'un cessez-le-feu « permanent et durable » pour remplacer une trêve incertaine, a déclaré mardi le négociateur de l'ONU qui mène des pourparlers à Genève pour mettre fin aux combats dans ce pays.

« Ces pourparlers à Genève visent à écouter attentivement la position des deux parties sur les conditions leur permettant d’accepter que cette trêve se transforme en un cessez-le-feu permanent et durable », a déclaré Ghassan Salamé, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye et chef de la Mission d'appui des Nations Unies dans ce pays (MANUL).

Les parties sont réunies depuis lundi à Genève au sein de la ‘Commission militaire mixte libyenne 5 + 5’ après des mois de conflit à l'extérieur de la capitale Tripoli entre le gouvernement d'accord national (GNA) de Fayez al-Sarraj reconnu par l'ONU et l’Armée nationale libyenne (LNA), dirigée par Khalifa Haftar, qui a assiégé la capitale en avril dernier.

Le risque que la situation se détériore persiste, a averti M. Salamé, malgré un appel à une trêve lancé début janvier par les Présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan.

L'embargo sur les armes est « sans cesse » rompu

Bien que cette trêve ait été acceptée par les deux parties, M. Salamé a noté qu'en même temps, un embargo international sur les armes était « sans cesse » rompu, avec des preuves d'ingérences étrangères croissantes.

« Nous avons de nouvelles preuves sur le fait que de nouveaux équipements mais aussi de nouveaux combattants - des combattants non libyens - rejoignent les deux camps », a-t-il déclaré. « Par conséquent, nous pensons que l'embargo sur les armes est violé par les deux parties ».

« Ce qui se passe en Libye est un scandale », a, pour sa part, déclaré mardi le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, lors d’une conférence de presse au siège de l‘ONU à New York.

Confronté au défi de parvenir à un résultat positif de ces pourparlers de Genève - qui font partie d'une initiative des Nations Unies couvrant les aspects politiques et économiques de la crise libyenne - M. Salamé est resté réaliste quant aux chances de succès, avant de nouveaux pourparlers.

« C'est après tout la première fois, depuis très longtemps, que des officiers supérieurs des deux camps se rencontrent - la toute première fois », a-t-il déclaré. « Ne vous attendez pas que la réunion d’hier après-midi règle tous ces problèmes ».

Projet de surveillance du cessez-le-feu par l’UE

Interrogé sur une mission de surveillance du cessez-le-feu par l'Union européenne en Libye si les pourparlers s'avèrent fructueux, M. Salamé a insisté sur le fait que c'était une décision « qui doit être prise par les Libyens eux-mêmes ». Selon lui, cette proposition sera « certainement » discutée cette semaine.

Dans un appel au Conseil de sécurité pour qu'il agisse sur la Libye, le responsable onusien a noté qu’il était crucial de désamorcer la situation, alors que le peuple libyen est confronté à l'incertitude et à la violence depuis le renversement de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011.

En janvier, un rapport conjoint des Nations Unies publié par la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a révélé qu'au moins 287 civils ont été tués et environ 369 autres blessés rien que l'année dernière.

 

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