Syrie : plus de 50 établissements de santé contraints de cesser leurs activités dans le nord-ouest (OMS)

3 février 2020

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a tiré lundi la sonnette d’alarme sur les menaces graves pour la santé auxquelles sont confrontés des centaines de milliers de Syriens contraints de fuir en raison de l'intensification des hostilités dans le nord-ouest de la Syrie et des attaques contre les établissements de santé.

Les combats dans le gouvernorat d'Idlib, la dernière zone du pays sous contrôle de l'opposition, se sont intensifiés ces dernières semaines et les derniers jours ont connu des déplacements massifs sans précédent, a souligné l’OMS dans un communiqué de presse.

Depuis le 1er décembre, près de 520.000 personnes auraient fui les violences. En moyenne, l'OMS et ses partenaires atteignent 800.000 personnes dans le nord-ouest de la Syrie chaque mois - mais la situation sur le terrain change d'heure en heure. On estime que 2,9 millions de personnes dans le nord-ouest de la Syrie ont besoin de soins de santé.

Au 31 janvier, au moins 53 établissements de santé avaient suspendu leurs services depuis le 1er janvier en raison de l'insécurité, des menaces d'attaques ou du simple fait que des zones entières ont été désertées par des civils fuyant la violence et les bombardements quotidiens.

Cela signifie pour les familles syriennes en fuite un accès encore plus limité aux soins de santé de base, un manque croissant de médicaments de base et une protection moindre contre les maladies transmissibles, car un réseau de vaccination fragile, mis en place par l'OMS et ses partenaires, est désormais perturbé.

« Pour combler le vide créé par la fermeture des établissements de santé, nous révisons notre réseau de référence, essayons de maintenir des stocks de médicaments vitaux pour les personnes atteintes de maladies non transmissibles et soutenons la relocalisation de certains établissements de santé. Prépositionnés des deux côtés de la frontière entre la Syrie et la Turquie, nous avons un approvisionnement de 2 mois en médicaments essentiels - mais compte tenu de l'ampleur de la crise, nous craignons que la demande soit bien supérieure à l'offre », a déclaré Rick Brennan, Directeur régional des urgences de l’OMS.

L'agence onusienne a augmenté également le nombre de cliniques mobiles qui peuvent suivre les mouvements des personnes déplacées et sont moins susceptibles d'être attaquées. Jusqu'à présent en 2020, 2 attaques distinctes contre les soins de santé ont été vérifiées, toutes deux dans le nord-ouest, faisant 10 morts et 30 blessés.

« La situation actuelle dans le nord-ouest de la Syrie - caractérisée par un manque d'accès et de médicaments, une hygiène insuffisante, le chaos et les déplacements massifs - pose un risque important de flambées de rougeole, de maladies diarrhéiques et d'autres maladies », a déclaré M. Brennan.

« Ce qui frappe dans cette escalade, c'est que les énormes besoins humanitaires sont largement ignorés par les médias et les gouvernements internationaux. Le nord-ouest de la Syrie représente l'une des crises humanitaires les plus graves du monde, où les civils souffrent à un niveau extraordinaire », a-t-il ajouté. « Ce dont nous avons besoin, c'est d'un engagement international renouvelé pour mettre un terme à cette crise prolongée et dévastatrice ».

Samedi, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit profondément préoccupé par l'escalade militaire en cours dans le nord-ouest de la Syrie et a demandé la cessation immédiate des hostilités. 

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a également lancé un cri d’alarme sur le sort des enfants dans le nord-ouest, notant que plus de 300.000 enfants ont été déplacés depuis le début décembre.

« L'UNICEF estime que 1,2 million d'enfants sont dans le besoin. La nourriture, l'eau et les médicaments manquent », a déclaré samedi la Directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore.

« Les enfants et les familles se réfugient dans des installations publiques, des écoles, des mosquées, des bâtiments inachevés et des magasins. Beaucoup vivent simplement en plein air, y compris dans des parcs », a-t-elle ajouté.

Mercredi dernier, le chef de l’humanitaire de l'ONU, Mark Lowcock, avait déclaré au Conseil de sécurité que les combats à Idlib semblaient « plus intenses que tout ce que nous avons vu l'année dernière ».

 

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