Le Comité constitutionnel syrien va poursuivre ses travaux lundi à Genève

22 novembre 2019

Le comité syrien chargé de rédiger une nouvelle Constitution, qui s’est réuni pour la première fois le 30 octobre à Genève sous l’égide des Nations Unies, doit se réunir à nouveau lundi 25 novembre dans la ville suisse, a indiqué vendredi le médiateur onusien, Geir O. Pedersen, devant le Conseil de sécurité de l’ONU. 

Le 30 octobre, pour la première fois en huit ans de conflit, le gouvernement syrien et l’opposition ont accepté de s’asseoir autour d’une table pour discuter de la Constitution. Le Comité constitutionnel syrien est composé de 150 membres du pouvoir, de l’opposition et de la société civile.

« Il y a eu de nombreux échanges et des idées ont été avancées. Et ils ont accepté de revenir à Genève le lundi 25 novembre », a noté M. Pedersen, l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie, lors d’un exposé devant le Conseil de sécurité à New York.

« Je félicite les membres du comité de leur courage et de leur patriotisme lors de leur participation à ces premières procédures et de la manière dont ils l'ont fait. Ce n'était pas facile. Il y avait de la méfiance et de la suspicion et des sentiments forts parmi les membres. Il y avait des sentiments profonds de colère et de perte, personnels et nationaux. Les récits, les positions et les propositions ont fortement divergé. Parfois, les débats étaient pénibles et les émotions fortes », a-t-il ajouté. « Et pourtant tout le monde est resté impliqué. Les membres du Comité se sont mis d’accord sur un ordre du jour initial et se sont écoutés ».

Selon le médiateur de l’ONU, il serait trop tôt pour dire qu'il existe un accord sur les principes constitutionnels, ou sur les questions qui devraient être abordées dans un futur texte constitutionnel et celles qui devraient l'être par d'autres moyens. « Mais il y a eu une discussion initiale solide et il y a des points communs sur lesquels s'appuyer », a-t-il noté.

« Le travail du comité peut sans aucun doute créer un climat de confiance. Mais si la population syrienne a confiance dans le processus politique, la dynamique sur le terrain doit commencer à changer - et cela doit commencer par respecter pleinement le droit international humanitaire et des droits de l'homme, ainsi que la protection des civils », a encore dit M. Pedersen.

Il s’est dit extrêmement préoccupé par la reprise de la violence à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, par ce qui se passe dans le nord-est du pays, et par les frappes aériennes israéliennes près de Damas.

« Toutes ces dynamiques sont extrêmement préoccupantes. Nous devons nous écarter de toute tendance susceptible d’entraîner une aggravation de la conflagration internationale concernant la Syrie et de la violation continue de la souveraineté, de l’indépendance, de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Syrie », a-t-il dit.

« J'espère sincèrement qu'avec le Comité constitutionnel, le gouvernement et l'opposition seront en mesure d'établir avec le temps une relation; que la violence diminuera et que les conditions sur le terrain changeront; et qu’une solution globale et décisive finira par émerger au profit de tous les Syriens. Les parties syriennes, qui dirigent ce processus, doivent saisir l'occasion offerte par le lancement du comité », a-t-il conclu.

 

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