Au Yémen, les signes d’espoir commencent à produire des résultats (ONU)

22 novembre 2019

L’envoyé de l’ONU au Yémen s’est félicité vendredi, devant le Conseil de sécurité, de la dynamique constructive en cours pour atteindre un règlement politique.

« Nous avons vu les parties travailler ensemble avec le soutien de l’Arabie saoudite, des puissances régionales, de la communauté internationale et des Nations Unies pour parvenir à un compromis sur une série de problèmes », a déclaré Martin Griffiths, l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Yémen.

Un compromis qui porte notamment sur la situation dans les gouvernorats du sud du pays, la désescalade des hostilités et les défis économiques. « Ce ne sont pas des petits problèmes », a dit Martin Griffiths. « Atteindre des compromis n’a pas été un petit succès », a-t-il souligné

L’Envoyé spécial estime que la nécessité d’un « leadership qui crée la paix » commence à voir le jour au Yémen. « Un leader de la paix est quelqu'un qui pratique l'art de la concession, de l'inclusion », a-t-il rappelé. « Nous voyons des preuves de ce type de leadership », a-t-il ajouté, en citant quelques exemples.

Début novembre, le gouvernement yéménite et le Conseil de transition du sud sont parvenu à Riyad à un accord sous la médiation de l’Arabie saoudite pour un partage du pouvoir dans le sud du Yémen. Pendant les 86 jours de pourparlers ayant mené à cet accord, les dirigeants des parties opposées se sont assis ensemble et mis d’accord pour œuvrer envers une cause plus grande, a rappelé Martin Griffiths.

« Nous devons remercier le Président Hadi et le Conseil de transition du sud, ainsi que les dirigeants saoudiens pour cet exemple montrant comment faire ressortir le meilleur des parties. Cela devrait servir de catalyseur pour faire avancer rapidement le Yémen vers la résolution de ce conflit par des moyens politiques », a dit M. Griffiths. Pour l’envoyé onusien, ce « succès » de l’Arabie saoudite montre le rôle positif qu’un appui régional peut jouer dans les efforts pour atteindre la paix.

Baisse « drastique » du nombre de frappes aériennes

L’Envoyé spécial a également salué la baisse « drastique » ces deux dernières semaines du nombre de frappes aériennes, 80% moins nombreuses que les deux semaines précédentes. Plusieurs périodes de 48 heures sans aucune frappe aérienne ont également été constatées pour la première fois depuis le début du conflit.

« Nous appelons cela une désescalade, une réduction du tempo de la guerre et peut-être un mouvement vers un cessez-le-feu général au Yémen », a dit Martin Griffiths.

La cessation des attaques par missiles et drones sur le territoire saoudien annoncées par les Houthis le 20 septembre a été maintenue pour un deuxième mois d'affilée et les efforts visant à désamorcer la violence tiennent, a dit l’Envoyé spécial. « J’espère que nous pourrons bientôt tirer parti de cette réussite », a-t-il dit.

Martin Griffiths a réaffirmé son appui entier à tous les efforts visant à réduire la guerre au Yémen. « L'ONU continue à assumer sa responsabilité de rapprocher les parties de la fin du conflit. Ce qui se passe actuellement, au sud comme au nord jette les bases nécessaires, voire vitales, pour ce processus », a-t-il dit. « Ces actes sont les décisions de dirigeants qui commencent à voir, peut-être encore indistinctement, bien que pourtant indéniable, une perspective de paix. Ils font la bonne chose ». 

Concernant la mise en œuvre de l’accord de Stockholm, Martin Griffiths a dit continuer de voir des signes positifs à Hodeïda. Ce mois-ci, le bureau de l’Envoyé spécial et le gouvernement yéménite ont établi un mécanisme permettant les dépôts de taxes et droits de douanes pour les livraisons de pétrole et de gaz sur un compte spécial de la Banque centrale sous supervision de l’ONU.

« Le résultat est que les bateaux transportant du carburant entrent désormais dans le port d’Hodeïda et qu’une crise a été évitée », a dit M. Griffiths.

Dans la province d’Hodeïda, les parties ont renforcé leur respect du cessez-le-feu : les incidents de sécurité ont diminué de 40% par rapport à la période précédant l’établissement du mécanisme d’amélioration du cessez-le-feu et de désescalade. Depuis la création de cinq postes d’observations conjoint sur les lignes de front, le nombre d’incidents sécuritaires a également baissé de 80%. « En effet, pendant plusieurs jours d'affilée, il n'y a pas eu d'incident dans la ville du tout », a dit M. Griffiths qui a tenu à féliciter les parties pour cette coopération constructive.

L’envoyé onusien a toutefois déploré les restrictions croissantes imposées aux mouvements du personnel de la Mission des Nations Unies pour l’appui à l’Accord d’Hodeïda (UNMHA) et dit espérer que les autorités compétentes feront le nécessaire pour les lever.

 

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