Syrie : plus de 2.300 réfugiés en Iraq ces derniers jours

18 octobre 2019

Plus de 2.300 civils syriens, la plupart des femmes et des enfants, ont fui ces derniers jours les combats dans le nord-est de la Syrie pour se réfugier en Iraq, à la recherche de sécurité, a indiqué vendredi l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

« Pour la quatrième journée consécutive, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés a accueilli des centaines de réfugiés du nord-est de la Syrie qui ont franchi la frontière syro-iraquienne », a déclaré un porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d’une conférence de presse à Genève.

Ces réfugiés viennent principalement des villes septentrionales telles que Kobani, Amoda et Qamishly ainsi que des villages environnants. M. Mahecic a ajouté que « plus de 1.600 réfugiés syriens avaient été acheminés depuis la frontière jusqu’au camp de réfugiés de Bardarash », à environ 150 kilomètres à l’est de la Syrie. Par la suite un autre groupe de 734 personnes a franchi la frontière dans la nuit.

Le site de Bardarash a été préparé pour accueillir les derniers arrivants fuyant les combats dans le nord de la Syrie. Des réfugiés nouvellement arrivés ont dit aux équipes du HCR qu’il leur a fallu des jours pour arriver à la frontière alors qu’ils fuyaient au milieu des bombardements et des combats. La plupart des nouveaux arrivants sont des femmes, des enfants et des personnes âgées.

Pendant ce temps, en Syrie, la violence qui sévit dans le nord-est du pays depuis une semaine aurait semé le chaos parmi les civils, frappant le plus durement les plus vulnérables. « Nos équipes ont raconté l’histoire d’un enfant, un garçon de 13 ans de Ras-Al-Ain, qui a couru pour sauver sa vie au milieu d’intenses combats et a été séparé de ses parents », a relaté M. Mahecic. Ce gamin a ensuite suivi les foules et s’est rendu dans l’un des abris communaux d’Al-Hassakeh où les volontaires du HCR ont travaillé sans relâche jusqu’à ce qu’ils puissent réunir l’enfant avec sa famille.

Malgré le cessez-le-feu, les combats et les bombardements se poursuivent à Ras al-Ain

Bien que les chiffres exacts ne puissent pas être confirmés, depuis le 9 octobre, l’ONU estime qu’au moins 160.000 personnes ont été déplacées par les violences dans les zones situées autour de Tell Abiad et de Ras al-Aïn.  La plupart des personnes ayant pris la fuite séjournent à l’heure actuelle chez des parents ou dans des communautés d’accueil. Beaucoup d’entre elles ont été déplacées plusieurs fois d’une région à une autre à Al-Hassakeh, Tal Tamer et Raqqa.

Par ailleurs, malgré le cessez-le-feu, les combats et les bombardements se poursuivent dans le nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie, continuant de faire fuir des centaines de personnes, a déclaré vendredi l’ONU. « Malgré l’annonce du cessez-le-feu, quelques tirs et affrontements étaient encore observés dans la matinée autour de Ras al-Aïn », a dit à la presse, Jens Laerke, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). 

Reconnu comme un cessez-le-feu par certains  gouvernements et une pause de cinq jours pour d'autres, cet accord intervient neuf jours après la campagne militaire lancée par la Turquie contre le territoire tenu par les Kurdes à sa frontière sud, à l'est de l'Euphrate.

Selon les médias, la Turquie a annoncé ce cessez-le-feu de cinq jours et demande en contrepartie que les forces kurdes se retirent d’une « zone de sécurité » de 32 km de profondeur.

En réponse aux questions sur les discussions entre les Etats-Unis et la Turquie, le porte-parole du Secrétaire général  de l'ONU a indiqué jeudi que le Secrétaire général se félicite  de tout effort visant à désamorcer la situation et à protéger les civils, conformément à la Charte des Nations Unies et au droit international humanitaire. Mais il reconnaît qu'il reste encore beaucoup à faire pour trouver une solution efficace à la crise en Syrie.

PAM
Une Syrienne déplacée avec son fils Mustafa qui utilise un fauteuil roulant, raconte comment elle a dû pousser son fils pour fuir les combats.

L'ONU et ses partenaires continuent à fournir de l'aide

La situation difficile n’empêche pas l’ONU et les organisations humanitaires de continuer à fournir de l’aide et des services de base aux personnes dans le besoin, là où l’accès le permet. A cet égard, le HCR et ses partenaires ont pu jusqu’à présent fournir une aide vitale à près de 60.000 Syriens nouvellement déplacés ainsi qu’à ceux qui ont dû fuir d’un camp à un autre. Près de 23.000 personnes ont reçu des secours de base et des articles d’hiver dans les camps. L'agence a également fourni la même assistance à 35.700 autres personnes vivant dans des abris collectifs et des communautés d’accueil.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lui augmenté son dispositif. Il a déjà distribué de la nourriture à 170.000 personnes dans la zone. Au total, l’agence onusienne espère pouvoir aider 580.000 civils. Le PAM a actuellement en stock des rations d’aide alimentaire générale suffisantes pour plus de 500.000 personnes et des rations prêtes à manger suffisantes pour 132.000 personnes en stock ou en transit vers le nord-est du pays. La production de nouveaux stocks d’aliments prêts à consommer est en cours.

De son côté, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) estime qu’une campagne de vaccination contre la polio qui avait été planifiée avant cette dernière escalade de la violence s’est déroulée sans incident majeur. Près de 65.000 enfants ont été vaccinés mercredi et jeudi dans le gouvernorat de Hassakeh, dont 1.748 à Al Hol et 740 dans les camps d’Areesheh.

Des équipes sanitaires mobiles mènent également des consultations de santé primaire - les principales maladies signalées sont les maladies diarrhéiques et les infections respiratoires aiguës. Les équipes procèdent également à des évaluations nutritionnelles et fournissent des fournitures, notamment des biscuits à haute valeur énergétique et des micronutriments.

Toutefois, la station de pompage d’eau d’Alouk à Hassakeh n’est toujours pas fonctionnelle en raison des dégâts sur les principales lignes électriques, ce qui affecte l’approvisionnement en eau de plus de 400.000 personnes. L’accès est nécessaire pour permettre à l’UNICEF de fournir 16.000 litres de carburant par jour pour faire fonctionner les générateurs de secours. Au cours des six derniers jours, seulement le tiers des besoins en eau a été satisfait par le réseau d’approvisionnement.

 

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