Syrie : le Conseil de sécurité échoue à adopter deux résolutions sur Idlib

19 septembre 2019

Le Conseil de sécurité des Nations Unies n’a pas réussi à se mettre d’accord sur l’adoption d’une résolution portant sur la cessation des hostilités dans la province d’Idlib, en Syrie.

La Belgique, l'Allemagne et le Koweït ont présenté un de projet résolution appelant à un cessez-le-feu humanitaire qui a recueilli 12 voix sur les 15 que comptent le Conseil.

La Russie et la Chine – tous les deux membres permanents du Conseil - ont opposé leur veto à la résolution, bloquant ainsi son adoption. Une autre résolution proposée par Moscou et Beijing, qui soulignait les préoccupations concernant le terrorisme des groupes extrémistes opérant dans la région, n’a pas non plus abouti, neuf membres ayant voté contre et quatre autres s'étant abstenus.

Avant le vote, une haute responsable des Nations Unies avait indiqué au Conseil que la situation humanitaire reste alarmante dans le nord-ouest de la Syrie.

Le 30 août, la Russie a annoncé un cessez-le-feu unilatéral dans la zone dite « de désescalade » d’Idlib, par la suite confirmé par le gouvernement syrien.

Les informations dont dispose le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) montrent que les combats ont diminué par rapport à la fin du mois d’avril, date du début de l’escalade militaire.

« Il est important que le répit tant nécessaire pour les civils continue, qu’un accès humanitaire sans entrave soit facilité pour atteindre tous les civils dans le besoin et que les infrastructures civiles soit épargnées », a déclaré Ursula Mueller la Coordinatrice adjointe des secours d’urgence de l’ONU.

Malgré une diminution des combats, les signes inquiétants d’insécurité demeurent dans le nord-ouest de la Syrie.

« Les forces sur le terrain ont continué à échanger des tirs dans le sud d’Idlib et dans l’est de Lattaquié et des frappes aériennes ont été signalées dans le centre et le nord d’Idlib la semaine dernière », a indiqué Mme Mueller.

Entre mai et août, 400.000 personnes ont fui leurs foyers, souvent en direction du nord d’Idlib. Dans cette région déjà densement peuplée, les communautés d’accueil sont dépassées et la question du logement est particulièrement préoccupante.

600.000 personnes déplacées habitent dans des tentes et dans des camps et nombre d’entre elles vivent en plein air. Nourriture, eau et hygiène, santé, éducation, services de protection, leurs besoins humanitaires restent immenses et nombreux, souligne la numéro deux d’OCHA.

Après des mois de combats, « l’horizon dans le nord-ouest de la Syrie demeure incertain », a déclaré Ursula Mueller. Une incertitude renforcée par l’approche de l’hiver et la baisse des températures auxquelles se préparent déjà les organisations humanitaires.

 

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