Yémen : après de nouveaux raids meurtriers, l’ONU appelle au respect du droit humanitaire

17 mai 2019

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM) se sont dit vivement préoccupés par le récent regain de tensions au Yémen.

Le HCR s’est dit attristé par les informations faisant état de civils tués et blessés lors de raids aériens jeudi à Sanaa, la capitale du Yémen.

« Des incidents de ce type, qui entraînent des pertes tragiques en vies humaines et des blessures civiles, illustrent bien le fait que la guerre au Yémen pèse lourdement sur la population civile », a déclaré le porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d’une conférence de presse vendredi à Genève. L’agence onusienne plaide pour une meilleure protection des civils et demande aux différentes parties au conflit de « veiller au respect des obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire ».

Les réfugiés au Yémen font partie des personnes plus vulnérables et sont exposés aux violences. Une réfugiée somalienne et sa fille dans un état critique sont actuellement soignées dans un hôpital. Selon le HCR, plus de 275.000 réfugiés et demandeurs d'asile sont au Yémen, dont la plupart - plus de 90% - sont originaires de Somalie. « La situation des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants au Yémen, qui était déjà précaire, s’est considérablement détériorée du fait du conflit », a indiqué M. Mahecic.

En réponse à la demande faite par les réfugiés somaliens de quitter le Yémen, le HCR a aidé 105 d’entre eux à quitter le port d'Aden le 13 mai pour rejoindre le port de Berbera, en Somalie. Ces derniers rapatriements portent à 4.068 le nombre total de réfugiés rentrés chez eux dans le cadre du programme de retour de l’agence onusienne.

Le HCR a lancé son programme volontaire de rapatriement assisté en 2017. Le l’agence onusienne et ses partenaires, y compris l'OIM, aident les réfugiés dans leur rapatriement, avec notamment une aide au retour et à la réintégration à leur arrivée en Somalie.

Le PAM demande un accès sans restriction dans tout le Yémen

Le PAM suit également de près la situation au Yémen. « La récente flambée des hostilités à Hodeïda, Sanaa et Dhalea est extrêmement préoccupante », a déclaré Hervé Verhoosel, porte-parole du PAM à Genève.

« Nous travaillons à minimiser l'impact de ces hostilités sur nos opérations afin de garantir notre capacité à atteindre efficacement et en toute sécurité les plus démunis », a-t-il ajouté.

L’agence onusienne plaide pour un accès libre et illimité dans tout le Yémen, une condition essentielle afin qu’elle puisse atteindre son objectif de fournir des vivres à 12 millions de personnes. Nombreux sont les « Yéménites qui ne savent pas d’où et quand viendra leur prochain repas ».

Selon le PAM, son aide a jusqu'à présent empêché une famine dévastatrice de sévir dans ce pays. Dans ces conditions, l’agence onusienne plaide pour le maintien « du niveau de soutien actuel ». Mais pour y arriver, « nous avons besoin d’un accès facile et sans restriction », a indiqué M. Verhoosel.

Dans la ville portuaire d’Hodeïda, situé à l'ouest du Yémen, les équipes techniques du PAM poursuivent leurs opérations qui « progressent bien ». Les travaux de réparation des silos et des machines de broyage sont presque terminés et l’agence onusienne espère pouvoir commencer à fumiger le blé. « Tant que les opérations pourront se dérouler sans entrave, nous espérons pouvoir, dans un avenir proche, commencer à moudre le blé et le transporter ensuite aux personnes qui en ont le plus besoin », relève M. Verhoosel.

51.000 tonnes de blé dans des entrepôts à Hodeïda

En février, une équipe du PAM avait visité le site pour la première fois depuis septembre, date à laquelle il était devenu inaccessible en raison des affrontements. Quelque 51.000 tonnes de blé y étaient entreposées, de quoi nourrir 3,7 millions de personnes pendant un mois. « Nous n’avons pas encore d’estimation de la quantité récupérable des 51.000 millions de tonnes de blé du PAM », a toutefois précisé M. Verhoosel.

De manière générale, l’urgence pour le PAM est d’obtenir « un passage sûr et continu vers les entrepôts de la mer Rouge, qui sont proches d’une ligne de front instable, afin de mener à bien ce processus et d’acheminer ce blé essentiel aux communautés du Yémen qui souffrent d’insécurité alimentaire ».

Mercredi dernier, le Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, Mark Lowcock, a alerté le Conseil de sécurité sur le spectre de la famine au Yémen. M. Lowcock a notamment souligné que 10 millions de Yéménites dépendaient toujours de l’aide alimentaire d’urgence pour survivre. Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population du pays, ont besoin d'assistance.

 

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