Yémen : l’envoyé de l’ONU se félicite du retrait des forces houthistes des ports de la région d’Hodeïda

15 mai 2019

L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, Martin Griffiths, s’est félicité mercredi devant le Conseil de sécurité du retrait des forces rebelles houthistes des ports de la région d’Hodeïda, qui sont cruciaux pour la livraison de l’aide humanitaire.

Le retrait des forces houthistes des ports d’Hodeïda, de Salif et de Rass Issa, supervisé par la Mission des Nations Unies en appui à l’Accord sur Hodeïda (MINUAAH) qui est dirigée par le général Michael Lollesgaard, a eu lieu entre le 11 et le 14 mai.

« La MINUAAH a confirmé que Ansar Allah (Houthis) a pleinement coopéré tout au long du retrait. Les forces militaires d’Ansar Allah ont maintenant quitté les trois ports d’Hodeïda, de Salif et de Ras Issa. Je tiens à féliciter le général et son équipe pour ce succès », a dit Martin Griffiths devant les membres du Conseil.

Selon lui, ce retrait permettra à l'ONU d’apporter son aide pour la gestion et l’inspection de ces trois ports de la mer Rouge. Il a indiqué que l’ONU était également prête à contribuer à améliorer la productivité et l'efficacité du port d’Hodeïda. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) va envoyer des équipes pour installer des feux de navigation afin d'aider les navires à amarrer en toute sécurité, pour réparer la tour de contrôle et les clôtures ; pour améliorer les postes d'amarrage ; et pour déminer le périmètre extérieur du site portuaire. De plus, à partir de samedi, plus de 4.000 personnes à Hodeïda seront employées dans le cadre de programmes de travaux publics.

L’envoyé de l’ONU a salué les Houthis pour avoir respecté ce qui a été convenu avec le gouvernement yéménite à Stockholm en décembre 2018 et d’avoir été les premiers à se retirer. Il a ajouté que le gouvernement du Yémen avait pour sa part répété son engagement à redéployer ses troupes.

Selon Martin Griffiths, il s’agit d’un moment important mais il ne s’agit que du début. « Ces redéploiements doivent être suivis d'actions concrètes par les parties pour qu’elles s'acquittent de leurs obligations en vertu de l'accord de Stockholm », a-t-il dit. Il a appelé les deux parties en conflit à se mettre d’accord sur le plan opérationnel de la phase deux du redéploiement mutuel à Hodeïda.

« Malgré l’importance des derniers jours, le Yémen reste à la croisée des chemins, entre guerre et paix. Si le cessez-le-feu à Hodeïda est généralement respecté, l’intensification du conflit dans d’autres parties du pays est alarmante », a noté l’envoyé de l’ONU.

Selon lui, des progrès tangibles à Hodeïda permettront de se tourner vers les négociations pour mettre fin au conflit. « J'espère que les parties pourront entamer ces négociations le plus rapidement possible », a-t-il dit. Il a souhaité en particulier la participation des femmes dans ces négociations et un renforcement de la participation des Yéménites du sud du pays.

Dix millions de Yéménites dépendent de l'aide alimentaire d'urgence pour survivre 

Le chef de l’humanitaire des Nations Unies, Mark Lowcock, a rappelé pour sa part que le Yémen constitue la plus grande opération humanitaire dans le monde actuellement. « Le spectre de la famine menace toujours. Dix millions de Yéménites dépendent toujours de l'aide alimentaire d'urgence pour survivre », a-t-il déclaré devant le Conseil de sécurité.

La flambée de choléra a déjà touché 300.000 personnes cette année, contre 370.000 en 2018. Toutefois, le nombre de nouveaux cas semble être en baisse ces derniers jours, même s’il est trop tôt pour savoir si cela va continuer, a-t-il précisé.

Selon M. Lowcock, le problème le plus immédiat est le financement de l’aide humanitaire. A ce jour, le plan humanitaire 2019 de l’ONU pour le Yémen n’est financé qu’à hauteur de 20%.

La Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Henrietta Fore, a déclaré pour sa part que le Yémen était un test pour la communauté internationale.

« Pour le moment, nous échouons gravement à ce test. Le temps presse. Nous n’aurons pas une autre chance. Au Yémen, 15 millions d'enfants vous demandent de sauver leur vie. S'il vous plaît aidez-les. Ils ont besoin de paix », a-t-elle dit aux membres du Conseil de sécurité.

 

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