Syrie : 84 civils dont une majorité d’enfants meurent en fuyant l’Etat islamique

1 mars 2019

Les Nations Unies demeurent profondément préoccupées par le sort des milliers de civils qui fuient Baghouz, dans l’est de la Syrie.

Baghouz, qui fait partie des dernières zones tenues par l’organisation Etat islamique dans la province de Deir-Ez-Zor, a été le théâtre d’intenses combats.

Au moins 84 personnes, principalement des jeunes enfants de moins de cinq ans, sont mortes depuis le mois de décembre alors qu’elles se dirigeaient vers le camp d’Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, après avoir fui l’État islamique dans la région de Deir-Ez-Zor.

« Elles ont perdu la vie, soit en route, soit peu de temps après leur arrivée au camp d’Al Hol », a déclaré Jens Laerke, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). « C’est un voyage très long, très fatigant jusqu’à ce camp sur cette partie du territoire », a -t-il ajouté lors d’un point de presse vendredi à Genève.

Le camp d’Al-Hol, dans le nord-est de la province de Hasaka, abrite actuellement au moins 45.000 personnes, dont 13.000 ont fui Deir-Ez-Zor rien que la semaine dernière. Plusieurs personnes continuent d’arriver quotidiennement sur le site, qui fonctionne maintenant à pleine capacité. Quelque 175 enfants ont été hospitalisés en raison d’une malnutrition aiguë sévère, selon des rapports de l’ONU et de groupes humanitaires qui se trouvent sur le terrain.

« Beaucoup de ces nouveaux déplacés sont arrivés dans ces camps, épuisés, affamés et malades », a indiqué le porte-parole d’OCHA. Les personnes qui fuyaient ont fait état de la situation désespérée dans laquelle se trouvent les civils dans cette zone : des civils tués et blessés, des destructions massives d’infrastructures civiles et des pénuries de nourriture, de médicaments et d’autres produits de première nécessité.

Face à cette urgence humanitaire, les Nations Unies et les ONG partenaires interviennent dans le camp d’Al Hol et dans les zones environnantes pour répondre aux besoins croissants et fournir une assistance et des services de base à tous les nouveaux arrivants. Il s’agit notamment d’une aide d’urgence en matière de santé et de protection, mais surtout des vivres, de l’eau, un abri, des vêtements chauds et des couvertures.

11,7 millions de Syriens ont besoin d’aide humanitaire en 2019

L’ONU et l’Union européenne organiseront du 12 au 14 mars à Bruxelles la troisième conférence sur l’avenir de la Syrie et de la région. Une conférence au cours de laquelle les bailleurs de fonds seront sollicités pour financer l’aide humanitaire.

En vue de cette conférence, les Nations Unies ont rendu publique vendredi un Aperçu des besoins humanitaires pour la Syrie en 2019 qui sera présenté aux bailleurs de fonds. « Il est important de présenter les preuves détaillées des besoins avant de demander un financement pour la réponse », a souligné M. Laerke.

« L’aperçu des besoins est un rappel brutal que la crise est loin d’être terminée pour des millions de Syriens qui ont connu huit années de conflit », a fait valoir M. le porte-parole d’OCHA rappelant que 11,7 millions de personnes auront besoin d’une aide humanitaire en 2019.

L’aperçu des besoins humanitaires montre que « malgré une réduction globale de la violence dans certaines régions, les personnes continuent d’être exposées chaque jour à la brutalité ». La menace des engins d’explosion de toutes sortes représente une préoccupation majeure de protection avec plus de 10 millions de personnes vivant dans des zones contaminées. En outre, le nombre de Syriens déracinés reste toujours élevé. Cette année, le nombre de déplacés internes en situation prolongée s’élève à 6,2 millions et plus de 5,6 millions de Syriens sont toujours réfugiés dans les pays voisins.

 

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