La fermeture des écoles au Sahel a doublé ces 2 dernières années à cause de l'insécurité croissante (UNICEF)

27 février 2019

L'insécurité persistante et croissante dans la région africaine du Sahel a contraint près de 2.000 écoles au Burkina Faso, au Mali et au Niger à fermer leurs portes ou à cesser de fonctionner, a indiqué mercredi le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

Cela représente une multiplication par deux du nombre d'établissements d'enseignement fermés de force ou qui ne fonctionnent pas depuis 2017, a précisé l’agence onusienne dans un communiqué de presse.

Des menaces contre le personnel éducatif, des attaques contre des installations scolaires et l’utilisation d'écoles à des fins militaires ont perturbé l'éducation de plus de 400.000 enfants dans les trois pays et forcé 10.050 enseignants à ne pas travailler ou à se déplacer à cause de la violence.

« Les attaques directes contre les écoles, les enseignants et les enfants eux-mêmes et l’occupation militaire de lieux d’apprentissage sont de graves violations des droits des enfants », a déclaré la Directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore. « Lorsque les enfants manquent l’école - en particulier en période de conflit - ils ne sont pas seulement incapables d’acquérir les compétences nécessaires pour bâtir des communautés prospères et en paix, ils deviennent également vulnérables aux formes d'exploitation horribles, notamment les abus sexuels et le recrutement forcé dans des groupes armés ».

Selon Gordon Brown, Envoyé spécial des Nations Unies pour l'éducation mondiale, « trop souvent, les enfants sont les principales victimes des conflits et leurs écoles - autrefois des lieux sûrs pour apprendre - deviennent des zones de violence ». « Notre objectif doit être que chaque école soit sûre », a-t-il dit.

« Si l’on veut atteindre l’objectif de développement durable de l'éducation universelle d'ici 2030, tous les enfants, les 75 millions de personnes dont l'éducation est perturbée en raison d'un conflit ou d'une crise - y compris de ceux tragiquement piégés dans le chaos du Sahel - doivent avoir droit à l'éducation », a-t-il ajouté.

Les gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont tous adhéré à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, s'engageant à protéger et à poursuivre l'éducation dans les conflits armés.

Un projet d’apprentissage utilisant la radio

Alors que de nombreuses zones du Sahel sont confrontées à une insécurité croissante, l’UNICEF s’est dit déterminé à travailler avec les autorités éducatives et les communautés pour soutenir les possibilités d’apprentissage alternatif, notamment l’apprentissage radiophonique et les initiatives d’apprentissage confessionnel, afin que les enfants puissent continuer à apprendre où qu’ils soient.

Cette semaine, le gouvernement du Burkina Faso a adopté une nouvelle stratégie pour la protection et la poursuite de l'éducation dans les zones de grande insécurité. Cette stratégie comprend la préparation de programmes pour aider les enfants dont les écoles ont été fermées à rattraper leur retard, l’intégration des enfants déplacés dans les écoles ouvertes, le renforcement de la sécurité scolaire et la reconstruction d’écoles endommagées ou détruites.

En outre, un partenariat avec les gouvernements du Burkina Faso, du Cameroun et du Niger prévoit l’élargissement d’un programme novateur d’éducation grâce à la radio qui offre une plate-forme d’apprentissage alternative aux enfants et aux jeunes touchés par les crises. Les cours d'alphabétisation et de calcul sont diffusés à la radio en français et dans plusieurs langues nationales. Le programme est également en cours de déploiement en République centrafricaine, en Guinée Bissau, en Sierra Leone et en République démocratique du Congo.

L’UNICEF travaille avec des partenaires sur le terrain pour mettre en place des mesures de sauvegarde de l’éducation. Cela inclut la fourniture d’outils aux enseignants qui travaillent dans des zones de grande insécurité, ainsi qu'un soutien psychosocial et des soins pour les écoliers qui portent les cicatrices émotionnelles de la violence.

« À une époque où le Sahel est confronté à des menaces croissantes de violence, nous ne devons pas oublier que l’éducation est un droit des enfants et une force puissante pour la paix », a déclaré Mme Fore.

 

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