Venezuela : le chef de l'ONU appelle à un dialogue politique inclusif et crédible pour éviter un désastre

24 janvier 2019

En marge du Forum économique mondial de Davos (Suisse), le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé jeudi au « dialogue » au Venezuela, où le Président du Parlement contrôlé par l'opposition s'est autoproclamé mercredi « Président » par intérim.

Par le biais de son porte-parole, le chef de l'ONU a exhorté « en cet instant critique, tous les acteurs à réduire les tensions et à ne ménager aucun effort pour prévenir la violence et éviter toute escalade ».

Le Secrétaire général s’est dit préoccupé par les informations faisant état de victimes lors des manifestations et des troubles au Venezuela et a appelé à mener une enquête transparente et indépendante sur ces incidents.

Selon les médias, l'opposant Juan Guaido, qui est à la tête de l’Assemblée nationale vénézuélienne, s’est autoproclamé mercredi «Président de la République par intérim », défiant le Président Nicolas Maduro et créant un climat de très haute tension dans le pays.

Dans toutes les circonstances du monde, même dans les circonstances les plus difficiles, il faut promouvoir le dialogue - António Guterres

M. Guterres a souligné qu'il est urgent que tous les acteurs concernés s'engagent dans un dialogue politique inclusif et crédible pour faire face à la crise prolongée dans le pays, dans le respect total de l'Etat de droit et des droits de l'homme.

« Nous espérons que le dialogue soit possible pour éviter une escalade menant à un conflit qui serait un désastre pour la population du pays et pour la région », a également dit António Guterres lors d'un entretien diffusé via Facebook.

« C'est aux gouvernements souverains de décider ce qu'ils veulent », a poursuivi le chef de l'ONU répondant à une question sur la décision de certains États de reconnaître l'opposant Juan Guaido comme « Président par intérim ».

« C'est le droit souverain d’un gouvernement. Les gouvernements souverains ont la possibilité de décider ce qu'ils veulent », a précisé le chef de l’ONU au sujet de reconnaître lequel de l'opposant Juan Guaido et du Président Nicolas Maduro est le Président légitime.

Dans tous les cas, la situation au Venezuela inquiète M. Guterres, en raison « des souffrances du peuple vénézuélien », du fait que « tant de gens ont quitté le pays, que tout le monde est confronté à des difficultés économiques et de la polarisation politique ».

« Si le dialogue n'est pas possible, que faisons-nous ? », s’est-il interrogé avant de plaider « qu'en toutes les circonstances dans le monde, même dans les circonstances les plus difficiles », il faut « promouvoir le dialogue ».

Le chef de l'ONU a ainsi cité en exemple le Yémen,  où sévit une guerre civile et « la pire catastrophe humanitaire » avec l’implication d’autres pays.

« Les gens disaient que le dialogue n’était pas possible », a rappelé M. Guterres.

« Nous nous sommes impliqués très fortement et nous avons réussi à avoir un dialogue et à faire progresser les choses au Yémen », a-t-il ajouté. « Le dialogue est donc un instrument fondamental pour résoudre des problèmes humains ».

 

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