Venezuela : l’ONU s’inquiète de l’escalade des tensions ces dernières semaines

26 février 2019

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation au Venezuela, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo, a fait part vendredi d’une escalade « alarmante » des tensions ces dernières semaines.

La haute responsable onusienne a rappelé que le 23 janvier, le Président de l'Assemblée nationale vénézuélienne, Juan Guaido, a invoqué des dispositions de la Constitution pour se déclarer Président par intérim du Venezuela, une décision vivement contestée par le gouvernement.

Le 23 février, M. Guaido a dirigé les efforts pour acheminer au Venezuela des denrées alimentaires et des médicaments stockés au Brésil et en Colombie par les Etats-Unis et d’autres pays. Mais les autorités vénézuéliennes ont bloqué l'entrée de camions et des incidents violents se sont produits à différents endroits des frontières avec le Brésil et la Colombie, faisant au moins quatre morts et des dizaines de blessés.

« Le Secrétaire général est préoccupé par les graves problèmes humanitaires auxquels le pays est confronté et par leurs conséquences pour les personnes vulnérables », a déclaré Rosemary DiCarlo.

Selon elle, même si l’absence de données officielles rend difficile l’évaluation de la situation, « les informations disponibles montrent une triste réalité : l’économie continue de se détériorer, des personnes meurent de causes évitables et quittent le pays à la recherche d’une assistance ». L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’Agence des Nations Unies pour les migrations (OIM) estiment que 3,4 millions de Vénézuéliens ont fui le pays.

La cheffe des affaires politiques des Nations Unies a précisé que le système des Nations Unies travaillait au Venezuela en coopération avec les institutions nationales et les autres acteurs concernés pour fournir une assistance humanitaire, notamment dans les domaines de la nutrition, de la santé et de la protection.

« Il reste encore beaucoup à faire pour répondre aux besoins extrêmement urgents du peuple vénézuélien. L'ONU est prête à poursuivre ses efforts. Nous continuerons d’agir conformément aux principes humanitaires, en collaboration avec les institutions vénézuéliennes, afin d’aider les personnes dans le besoin », a dit Mme DiCarlo.

« Comme il l'a dit à plusieurs reprises, le Secrétaire général est prêt à exercer ses bons offices si les parties choisissent cette option », a-t-elle encore dit, concluant que « les acteurs vénézuéliens de tous les horizons politiques ont la responsabilité de placer les intérêts du peuple vénézuélien au centre de leurs actions en cette période très critique ».

 

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