Tchad : l’OIM a besoin de 1,2 million de dollars pour aider des migrants déplacés par des affrontements

11 janvier 2019

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Tchad a déclaré vendredi avoir besoin de 1,2 million de dollars pour fournir une aide d'urgence à plus de 950 migrants et ressortissants tchadiens déplacés par des affrontements intercommunautaires autour de deux mines d'or près de la frontière libyenne à la fin du mois de décembre.

L’agence onusienne prévoit que davantage de personnes fuiront l’instabilité actuelle, avec une estimation pour les prochains jours de 1.200 autres personnes, qui devraient se rendre de Zouarke à Faya-Largeau, plus au sud. De récents affrontements ont fait au moins 30 morts et 400 blessés, selon les autorités locales.

L’OIM est l’une des rares organisations présentes à Faya-Largeau. Elle propose des programmes de stabilisation communautaire et un soutien médical et psychosocial aux migrants dans cette ville d'environ 20.000 habitants, qui servait traditionnellement de plaque tournante pour les ressortissants tchadiens et les commerçants africains utilisant les routes de transit reliant le Tchad, le Niger, le Soudan et la Libye.

La communauté manque de ressources suffisantes pour répondre aux besoins humanitaires des migrants récemment déplacés. Des responsables de l'OIM estiment qu'un financement d'urgence permettrait à l'agence de fournir des évaluations de l'état de santé, d'aider les migrants bloqués et les Tchadiens déplacés à rentrer volontairement dans leurs communautés ou leurs pays d'origine, ainsi que d'aider les autorités à faire face à cette situation de crise.

« Les migrants ont été surpris par le conflit et se sont enfuis sans même prendre une couverture ou de l'argent pour payer leur transport de retour », a déclaré Daoud Hamat Bechir, gouverneur de la province de Borkou.

Le Tchad est un pays de transit sur la route centrale menant à la Méditerranée, ainsi qu'un pays de destination pour de nombreux travailleurs migrants. Depuis 2012, des travailleurs migrants du Burkina Faso, du Cameroun, de la République centrafricaine, d'Éthiopie, du Nigéria, du Niger, du Sénégal et du Soudan, notamment, ont été attirés par les zones d'extraction de l'or dans le nord du Tibesti.

Durant toute l'année 2018, l'OIM a aidé 120 migrants vulnérables cherchant à rentrer volontairement dans leur pays d'origine. En outre, l'OIM au Tchad aide le gouvernement à élaborer des politiques et des réponses adaptées aux défis de la migration, à la gestion des frontières, à l'engagement de la diaspora et aux initiatives de lutte contre la traite.

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