La Tanzanie doit protéger et non pas mettre davantage en danger les LGBT (Bachelet)

2 novembre 2018

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a exprimé vendredi son inquiétude concernant la traque des personnes LGBT en Tanzanie.

Des inquiétudes qui font suite à la déclaration du commissaire régional de la ville de Dar es Salaam selon laquelle un comité sera mis en place pour traquer et arrêter les personnes homosexuelles, et encourager les personnes à signaler ceux qu'ils soupçonnent d'être gay.

« Les personnes lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres en Tanzanie font déjà l'objet de violences, de harcèlements et de discrimination croissants au cours des deux dernières années », a déclaré Mme Bachelet dans un communiqué de presse. « Et ceux qui défendent leurs droits à la santé, à une vie exempte de discrimination, de violences et d'arrestations arbitraires sont eux-mêmes de plus en plus visés, voire arrêtés », a-t-elle ajouté.

Pour la Haut-Commissaire, de telles traques et arrestations « pourraient se transformer en une chasse aux sorcières et pourraient être interprétées comme un permis de violence, d'intimidation, de brimades, de harcèlement et de discrimination à l'encontre de personnes considérées comme des LGBT ».

Mme Bachelet a exhorté le gouvernement tanzanien à s'acquitter de son obligation de protéger les droits fondamentaux de toutes les personnes vivant sur son territoire, notamment en tenant pour responsables les personnes qui prônent la haine et la discrimination ainsi que les auteurs de violences. Selon la Haut-Commissaire, le gouvernement doit veiller à ce que les défenseurs des droits de l'homme, les journalistes et les prestataires de soins de santé puissent mener à bien leur travail essentiel, à l'abri des attaques et de la persécution.

Le plan annoncé par le gouvernement tanzanien comprend également des tentatives visant à « soigner » les homosexuels - une pratique condamnée comme nuisible, contraire à l'éthique et sans fondement scientifique par le Comité contre la torture et l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La cheffe des droits de l’homme de l’ONU a averti qu’une telle politique pourrait stigmatiser davantage les personnes LGBT.

« J'appelle le gouvernement et l'ensemble du peuple tanzanien à défendre les droits fondamentaux de tous dans le pays, quels qu'ils soient ou peu importe qui ils aiment », a déclaré Mme Bachelet. « Les dirigeants politiques, religieux et autres devraient œuvrer pour lutter contre les préjugés fondés sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre ».

La Haut-Commissaire a également appelé à un réexamen des lois tanzaniennes criminalisant les relations consensuelles entre personnes du même sexe.

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