Le Premier ministre de la Belgique plaide en faveur du multilatéralisme

27 septembre 2018

Le Premier ministre de la Belgique, Charles Michel, a plaidé jeudi devant l’Assemblée générale des Nations Unies en faveur du multilatéralisme, soulignant qu’il ne s’agit pas d’un concept creux et regrettant que des accords internationaux aient été rejetés unilatéralement.

M. Michel a estimé que la seule voie qui offre l’espoir d’un avenir meilleur pour toute l’humanité c’est la coopération et le dialogue. Elle permet de répondre aux « replis revanchards », aux tensions économiques, et aux actions unilatérales qui peuvent entrainer l’irrémédiable, a-t-il dit.

« Le multilatéralisme n’est pas un concept creux, vide de sens », mais plutôt la coopération, la négociation et la bataille avec des idées et des arguments plutôt qu’avec des armes, a martelé le Premier ministre.

« Le capitalisme a besoin de règles et le multilatéralisme aussi », a-t-il tranché avant de regretter que les accords internationaux puissent être jetés unilatéralement « aux orties », citant l’Accord de Paris sur le climat et celui sur le nucléaire iranien pour illustrer son propos.

Selon lui, l’Histoire a toujours montré que la loi du plus fort ne protège aucun peuple. La négociation avec l’Iran a été longue et il a fallu du courage réciproque et nous savons que cet accord n’est pas parfait puisqu’il ne couvre pas le balistique iranien, mais ne faut-il pas plutôt ouvrir de nouvelles négociations multilatérales pour l’améliorer au lieu de le rejeter alors que jusque-là l’Iran a respecté ses engagements, a-t-il demandé.

La Belgique s’est engagée tout au long de son histoire à œuvrer pour la paix et à privilégier le consensus, une approche qu’elle souhaite maintenir lors de son entrée prochaine au Conseil de sécurité en tant que membre non-permanent, a dit le Premier ministre. Elle entend agir pour la sécurité collective et la prospérité de la planète en favorisant la diplomatie et les mécanismes d’alerte précoce pour anticiper les potentielles crises et conflits.

Abordant ensuite les missions de maintien de la paix, Charles Michel a rappelé qu’elles devaient toujours s’inscrire dans un cadre politique crédible. Chaque mission doit être évaluée régulièrement à l’aune de la concrétisation de la solution politique « au sens noble du terme », a-t-il estimé.

Il a proposé également un nouveau partenariat euro-africain. Rappelant qu’avant 2050 le continent africain devrait compter 2,5 milliards d’habitants, la Belgique plaide pour un partenariat plus ambitieux, « pour une alliance sacrée Afrique-Europe » qui se traduirait notamment par des investissements, du commerce, et des emplois dans les deux continents.

« Guérissons les blessures d’autrefois et osons renoncer à la charité qui donne bonne conscience mais apporte son lot d’humiliation », a souhaité le Premier ministre belge pour lequel il est possible, en 10 ans, de créer un accord de prospérité inégalé à travers un accord de libre-échange entre les deux continents.