L’ONU à Genève rend hommage à l’ancien Secrétaire général Kofi Annan

27 septembre 2018

Après les funérailles au Ghana et la cérémonie la semaine dernière au siège de l’ONU à New York, le personnel de l’ONU à Genève a rendu hommage jeudi à l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, aux côtés de sa famille, de diplomates, et de dignitaires genevois.

L’ancien émissaire de l’ONU sur la Syrie Lakhdar Brahimi, qui avait succédé dans ce mandat au Ghanéen, le président du Forum économique mondial (WEF) Klaus Schwab, ou encore les membres de la Fondation Kofi Annan participaient également. Un moment solennel donc pour ce prix Nobel de la paix hautement respecté.

A la salle des Assemblées du Palais des Nations à Genève, l’ambiance était solennelle. Si c’est avant tout pour rendre hommage à l’ancien Secrétaire général de l’ONU, le public venu nombreux au siège genevois de l’ONU a voulu avant tout célébrer la vie de Kofi Annan. Une façon de rappeler que cette perte immense, Kofi Annan, ne se conjugue pas au passé, mais laisse un héritage à consolider dans le futur.

Et sans surprise, ça a été l’occasion pour sa famille de rendre hommage à l’homme et son ami Michael Moller de revisiter son livre de souvenir.

« J’ai côtoyé Kofi Annan pendant près de 40 ans. Je l’ai vu gravir les échelons. J’ai été témoin, parfois de près ou de loin, de son travail. Je me suis souvent tourné vers lui pour des conseils et j’ai appris de lui, toujours », a rappelé le Directeur général du Bureau de l’ONU à Genève. Pour Michael Moller, l’ancien patron de l’ONU a été pour lui, mais aussi pour beaucoup de monde, « le dirigeant pour lequel nous étions dévoués corps et âme. Le mentor auprès duquel nous pouvions toujours trouver conseil et l’ami auprès de qui nous étions fier de nous tenir ».

Photo ONU/Eskinder Debebe
L'ancien Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan lors du Sommet du Millénaire au siège de l'ONU à New York en septembre 2000.

L’héritage d’Annan est infini et son influence l’est aussi, selon Michael Moller

« Depuis sa soudaine disparition, deux sentiments se sont emparés de moi. Plus que tout autre, la tristesse et la douleur de sa perte. Tous ensemble ici, nous constituons la famille de Kofi Annan et nous sommes unis dans notre chagrin », a ajouté M. Moeller, non sans rappeler « l’immense reconnaissance d’avoir eu la chance de le connaître, reconnaissance de tout ce qu’il a pu entreprendre. Son héritage est infini et son influence l’est, je crois, tout autant ». 

A cet égard, il a rappelé que dans « un monde où beaucoup de dirigeants réagissent impulsivement ou même aveuglement, l’absence de son leadership responsable et raisonné au service de la réussite collective et non de l’action individuelle, laisse un vide immense ». Un vide particulièrement notoire ici à Genève car bien qu’il fut le fils dévoué et fier de l’Afrique, il était aussi citoyen genevois. « Il y a étudié et travaillé. Il a choisi d’y passer ses dernières années. Il aimait Genève, la ville qui lui doit beaucoup et pour laquelle il a fait beaucoup », a indiqué Michael Moller.

Evidemment le canton de Genève et la Suisse lui doivent beaucoup. Une reconnaissance pour son engagement en faveur de la Genève internationale et des valeurs fondamentales qui la mobilisent, à savoir la paix et le dialogue. Mais pas seulement. L’ancienne présidente de la Confédération suisse a décliné la carte de visite du patron de l’ONU. « Autorité morale, habile diplomate, homme d’état expérimenté, Kofi Annan a été l’artisan d’un changement capital aux Nations Unies, a fait remarquer Micheline Calmy-Rey. Non plus un fief exclusif des Etats, mais un lieu de concertation qui incluait la société civile ainsi que les milieux académiques et privés ».

« Merci parce que tu as tant fait », a dit l'ex-Présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey

Récemment encore, lors d’une fête marquant son 80e anniversaire, Kofi Annan avait d’ailleurs « partagé son inquiétude sur l’état du monde ». « Alors que nous cherchons à organiser notre réponse aux défis de notre temps, Kofi Annan nous laisse un riche héritage. Après un demi-siècle au service des Nations Unies, il est resté engagé pour la paix et pour la dignité humaine. Au sein du Groupe des « Anciens » et aussi avec sa Fondation, il a mis son habileté et son poids moral au service d’une diplomatie préventive et efficace », a-t-elle ajouté.

« Kofi, aujourd’hui, nous sommes tous et toutes là, réunis pour te porter hommage et pour te dire merci. Merci pour ce que tu as été, et merci, parce que tu as tant fait », a conclu Micheline Calmy-Rey.

Ovationnée par une salle debout, la veuve de M. Annan, Nane, a elle partagé avec une certaine émotion « l’inspiration » que continuera, selon elle, à apporter l’ancien secrétaire général. Ces dernières semaines, des hommages avaient convergé du monde entier.

Finalement pour toute sa famille, ses amis et le personnel de l’ONU présents à Genève, Kofi Annan, c’est d’abord une vie au service de la paix et des droits humains, mais c’est surtout une leçon d’humilité, un hymne au courage, à l’engagement et à la détermination.

 

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