Le Président français plaide pour un nouvel équilibre mondial

25 septembre 2018

Déplorant la crise profonde de l’ordre international traditionnel et mettant en garde contre la tentation d’un retour à l’unilatéralisme, le Président de la France, Emmanuel Macron, a plaidé mardi du haut de la tribune de l’Assemblée générale pour un nouvel équilibre mondial.

Face à la « nouvelle instabilité du monde », le Président français a prôné l’avènement d’un « nouvel équilibre reposant sur de nouvelles formes de coopération régionale et internationale ».

Il a réaffirmé en ce sens trois principes : le respect des souverainetés, « au fondement de la Charte », le renforcement de la coopération régionale et le renforcement de l’engagement international qui passe par l’ONU.

« Je ne crois pas en un grand peuple mondialisé ; ça n’existe pas », a déclaré Emmanuel Macron qui intervenait à New York dans le cadre du débat général de la 73ème session de l’Assemblée générale de l’ONU.

Afin de relever les « défis démographique, climatique et numérique », il a dit sa foi en « des valeurs universelles, à la défense non négociable de nos valeurs », comme l’égalité des individus ou l’égalité entre les sexes.

De même, a-t-il plaidé, les droits de l'homme « ne sont pas un fait culturel, mais un corpus juridique consacré par les traités internationaux ».

Coopérations renforcées

Disant croire profondément « à la souveraineté des peuples et, dans le même temps, à une coopération renforcée aux formes multiples et à une légitimité renouvelée des Nations Unies », le Président a cité plusieurs exemples liés aux conflits, en premier lieu la Syrie, où la solution devra être « portée par les États garants du processus d’Astana, d’autres États régionaux ou autres et sous l’égide des Nations Unies ».

De même, face au terrorisme, Emmanuel Macron a estimé que « nous sommes forts quand les États peuvent compter sur leurs propres forces et s’appuyer sur des formes de coopération régionale », citant comme modèles les forces conjointes mises en place au Sahel et dans la région du Bassin du Lac Tchad.

A cet égard, il a plaidé pour « une meilleure articulation entre l’ONU et l’Union africaine » et souhaité l’adoption en ce sens d’une résolution du Conseil de sécurité « avant la fin de l’année ».

Citant encore les premiers résultats de l’Alliance pour le Sahel pour « lutter contre les racines du désespoir qui ont permis aux terroristes de capturer les âmes », il a souhaité que soient à chaque fois articulés « les principes de la souveraineté des peuples, de l’engagement régional et d’un vrai soutien de la communauté internationale ».

Des mobilités internationales choisies

M. Macron s’est aussi prononcé pour des mobilités internationales « choisies et non subies », tout en appelant à s’attaquer aux causes profondes des migrations subies et à démanteler les réseaux de trafiquants, avant de rappeler le soutien de la France au Pacte mondial sur les migrations.

Par ailleurs, le Président français a proposé une réforme en profondeur de l’Organisation mondiale du commerce et la mise en place d’un système dont le G7 réformé serait le moteur, avec l’appui des Nations Unies et de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

Emmanuel Macron a aussi appelé à une plus grande participation des « grands acteurs non étatiques » privés, comme les géants de l’Internet, qui « contribuent à changer le monde mais ne participent pas assez à la lutte contre les inégalités ».

Alors que notre système collectif se fracture, nous n’en avons jamais tant eu besoin, a déclaré M. Macron, avant de réaffirmer la nécessité d’élargir la composition du Conseil de sécurité pour en accroître l’efficacité.

Enfin, envisageant que « défendre le multilatéralisme peut ne plus être à la mode », le Président français a conclu en mettant en garde contre « le fracas des nationalismes » qui conduit toujours vers l’abîme.

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