Au Japon, António Guterres réaffirme l’engagement de l’ONU envers la dénucléarisation de la Corée du Nord

8 août 2018

La Corée du Nord, les victimes japonaises des bombe atomiques, le désarmement et le renforcement de l’action de l’ONU sont au programme de la visite du Secrétaire général dans l’archipel nippon.

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a entamé mardi une visite de trois jours au Japon, alors que les négociations pour la dénucléarisation de la Corée du Nord se poursuivent.

A Tokyo, le Secrétaire général s’est entretenu mercredi avec le Premier ministre japonais, Shinzo Abe. L’occasion pour António Guterres de rappeler son attachement entier à l’application de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité sur la Corée du Nord. « Nous sommes totalement engagés dans la dénucléarisation de la Corée du Nord », a dit le chef de l’ONU.

Lors d’une conférence de presse conjointe avec le chef du gouvernement japonais, le Secrétaire général a dit pleinement soutenir les négociations en cours entre les États-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC), ainsi que l’initiative de dialogue de Tokyo avec Pyongyang. Des négociations dont l'objectif est partagé par tous, a souligné M. Guterres, à savoir « une dénucléarisation totale, vérifiable et irréversible », afin que la Corée du Nord puisse être « un membre normal de la communauté internationale dans cette région ».

Une normalité qui passe par la résolution de la question des personnes japonaises enlevées et qui seraient retenues en RPDC. Une situation « absolument inacceptable dans le monde d’aujourd’hui », a dit le chef de l'ONU qui a tenu à exprimer toute sa solidarité avec les personnes kidnappées.

ONU / Dan Powell
Au Japon, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, rencontre des survivants des bombardements atomiques sur Nagasaki et Hiroshima.

Solidarité avec les Hibakushas : « les victimes des deux seules bombes atomiques »

Après Tokyo, António Guterres s’est envolé pour Nagasaki où fut larguée la seconde et dernière bombe atomique il y a 73 ans. Un déplacement dans cette ville de l’ouest de l’archipel japonais « pour exprimer ma profonde solidarité avec les Japonais victimes des deux seules bombes atomiques qui ont jusqu'à présent explosé », a-t-il dit.

A Nagasaki, le chef de l’ONU s’est rendu à la cathédrale Urakami. « Un symbole de la résilience et de la renaissance de cette ville inspirante », a-t-il dit sur son compte Twitter.

Le Secrétaire général a rencontré les Hibakushas, ces survivants japonais des bombardements atomiques sur Hiroshima (6 août 1945) et Nagasaki (9 août 1945), dont la voix est porteuse d’un message fondamental de paix. « ‘Plus de Nagasaki, plus jamais d’Hiroshima, plus aucun hibakusha ne sont nécessaires’ est aussi le message des Nations Unies », a dit M. Guterres, rendant hommage à la résilience du peuple japonais 73 ans après les explosions des deux bombes atomiques.

« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour soutenir leur message au monde : plus d’Hiroshimas, plus de Nagasakis », a dit le chef de l"ONU, rappelant que sa nouvelle initiative sur le désarmement lancée en mai dernier a Genève a pour objectif central d’aboutir à « un monde totalement exempt d’armes nucléaires ».

« Le Japon est un pilier fondamental du multilatéralisme dans le monde d'aujourd'hui »

Lors de sa visite au Japon, António Guterres a salué le leadership de Tokyo au sein des Nations Unies.

« Le Japon est un pilier fondamental du multilatéralisme dans le monde d'aujourd'hui. Le Japon est un fervent partisan des Nations Unies et je tiens à exprimer ma profonde gratitude et mon admiration pour cela », a déclaré le Secrétaire général aux côtés du Premier Ministre Shinzo Abe.

M. Guterres a tenu à exprimer sa profonde gratitude envers le leadership japonais en matière de désarmement, mais aussi dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable (OOD), dans la lutte contre le changement climatique, dans la promotion des droits de l'homme et dans tous les aspects des activités des Nations Unies.

« Je suis sûr que la présidence japonaise du G20 sera une étape importante, également en ce qui concerne la mise en œuvre des ODD », a dit le chef de l’ONU, alors que Tokyo s’apprête à présider cette conférence diplomatique réunissant pays industrialisés et émergents. Pour M. Guterres, le leadership japonais sur la scène internationale est également crucial dans la lutte contre le changement climatique, « qui pour le moment progresse plus vite que nous ». « Et le typhon qui arrive en est probablement la preuve ! », a dit le chef de l’ONU alors qu'un cyclone tropical s’abbattait sur la région de la capitale japonaise.

Avec plus de 260 millions de dollars apportés en 2018, le Japon demeure le second contributeur au budget régulier de l’ONU. « Avec le soutien des Japonais, je reste totalement attaché à la réforme des Nations Unies et je suis également entièrement d’accord pour dire qu’aucune réforme des Nations Unies ne serait complète sans une réforme du Conseil de sécurité pour garantir pleinement sa légitimité et son efficacité », a dit le chef de l’ONU.

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