L’ONU se félicite de la visite historique d’une délégation de l’Erythrée en Ethiopie

28 juin 2018

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est félicité jeudi de la visite en Éthiopie, le 26 juin, d'une délégation de haut niveau de l'Érythrée, première étape concrète du processus de normalisation des relations entre les deux pays.

« Le Secrétaire général note que les ouvertures diplomatiques visant à apaiser les tensions et à résoudre le différend de longue date entre les deux pays auront un impact positif considérable sur l'ensemble de la région », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.

« Le Secrétaire général réitère une fois de plus la volonté de l'ONU de jouer un rôle de soutien aux deux pays dans la mise en œuvre de la décision sur les frontières ou dans tout autre domaine qu'ils jugent utile pour l'ONU », a-t-il ajouté.

Mercredi, au lendemain de la visite de la délégation gouvernementale érythréenne à Addis-Abeba, en Ethiopie, la Rapporteuse spéciale sur les droits de l’homme en Erythrée, Sheila B. Keetharuth, a souhaité que les droits de l’homme restent une considération centrale.

Dans un entretien accordé à ONU Info, l’experte onusienne a déclaré qu’elle ne voulait pas que l’on « sacrifie les droits humains » dans ce « contexte géopolitique ».

« Lorsqu’on sera au point des négociations et dans un contexte de rapprochement entre l’Erythrée et l’Ethiopie, on ne doit pas oublier qu’il y a une considération sur les droits de l’homme à garder en vue », a-t-elle souligné. Selon elle, des progrès sur ce dossier des droits de l’homme aideront à faire avancer les autres questions en suspens entre Asmara et Addis-Abeba. « Je me félicite des efforts déployés ces jours-ci pour trouver quelques solutions pacifiques », a-t-elle ajouté.

Sheila B. Keetharuth plaide pour des changements concernant le service militaire. « Le service national ne devrait pas être un prétexte pour que les droits humains soient violés en Erythrée », a-t-elle dit.

Lors de la présentation de son rapport mardi au Conseil des droits de l’homme, la Rapporteuse spéciale avait regretté de ne pas pouvoir annoncer d’améliorations tangibles en Erythrée. Elle avait attiré l’attention sur le phénomène des arrestations arbitraires, sur les détentions au secret, ainsi que sur le service militaire à durée non limitée, qui est assimilable au travail forcé, le tout assorti d’un éventail de violations des droits de l’homme commises dans ce contexte et de sévères limitations des libertés fondamentales.

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