Une Experte des droits de l’homme de l’ONU salue les gestes de paix historiques entre l’Ethiopie et l’Erythrée

26 juin 2018

La Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme en Erythrée a encouragé, ce mardi à Genève, les Etats membres de l’ONU à faciliter le dialogue entre Asmara et l’Ethiopie.  Sheila B. Keetharuth a fait cette déclaration devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU alors qu’une délégation érythréenne est attendue à Addis-Abeba pour discuter du processus de paix entre les deux pays.

« Aussi bien la Commission d’enquête internationale de l’ONU et moi-même avons demandé à plusieurs reprises la mise en œuvre de la décision prise en 2002 par la Commission du tracé de la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie délimitant la frontière entre les deux pays », a déclaré Sheila B. Keetharuth.

À cet égard, l’Experte indépendante onusienne originaire de l’Ile Maurice s’est félicitée des efforts déployés récemment pour trouver des solutions pacifiques et a appelé toutes les parties concernées à faire en sorte que la question des droits de l’homme soit au centre des considérations pour aller de l’avant.

Par ailleurs, Mme Keetharuth a expliqué qu’il n’y avait pas eu de changement essentiel s’agissant de la question de la circonscription forcée ou service militaire à durée non limitée, en tant que travail forcé. Elle a également attiré l’attention sur le problème des arrestations arbitraires, des détentions au secret, « le tout assorti d’un éventail de violations des droits de l’homme commises dans ce contexte et de sévères limitations des libertés fondamentales ».

A cet égard, la Rapporteuse spéciale a fait état de morts en détention, citant le cas d’un évangéliste chrétien, et a insisté sur la nécessité d’accorder réparations à leurs familles.

Des enfants en détention

Mme Keetharuth a cité aussi l’arrestation et la détention de feu Haji Musa Mohammed Nur, ancien Directeur, et d’autres membres du comité de l’école Al Dia dans le quartier d’Akhria à Asmara. Haji Musa, 93 ans, est décédé en mars 2018, après avoir été détenu pendant quatre mois, pour avoir refusé d’appliquer une directive du gouvernement interdisant aux étudiants musulmans de porter le voile ou le hijab, l’arrêt des enseignements religieux ainsi que l’introduction d’une école mixte. Elle a ajouté que des enfants sont aussi en détention. 

Enfin, la Rapporteuse spéciale a réitéré son appel aux Etats hôtes pour qu’ils protègent les Erythréens et ne les renvoient pas dans leur pays. « Tous les États doivent donner refuge ou le droit de transiter aux Erythréens qui fuient leur pays en appliquant le principe de non refoulement », a poursuivi la Rapporteuse spéciale.

Au titre de pays concerné, l’Érythrée a dit faire l’objet de harcèlement de la part du Conseil des droits de l’homme depuis six ans, dénonçant des considérations politiques pour tenter de la déstabiliser. Asmara a donc lancé un appel pour mettre fin à cette procédure (spéciale) non équitable et se concentrer sur la coopération dans le cadre de l’EPU.

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