Cambodge : un expert de l'ONU exhorte le gouvernement à saisir la dernière occasion pour des élections « honnêtes »

30 avril 2018

Une experte des droits de l’homme des Nations Unies a appelé Phnom Penh à libérer immédiatement les dirigeants de l'opposition actuellement en détention et à lever l'interdiction pour l'opposition de participer aux élections législatives du 29 juillet.

C’est en procédant à ces libérations et à cette levée d’interdiction que le Cambodge pourra garantir qu’il est une véritable démocratie multipartite qui respecte les droits de participation de ses citoyens, a souligné le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation dans le pays.

« Aucune élection ne peut être sincère si le principal parti de l'opposition ne peut y participer », a déclaré Rhona Smith, une experte indépendante nommée par le Conseil des droits de l'homme pour suivre la situation des droits de l'homme au Cambodge.

Lundi, le Comité national des élections a entamé le processus de deux semaines d'enregistrement des partis politiques pour les élections. « Ceux qui gouvernent actuellement le pays ont une dernière opportunité d'inverser la trajectoire actuelle, et de revenir à la voie constitutionnelle de la démocratie multipartite et des élections honnêtes - assurant des règles du jeu équitables pour tous les partis politiques », a déclaré Mme Smith dans un communiqué publié lundi par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

En novembre dernier, le principal parti d'opposition, le Cambodge National Rescue Party (CNRP), a été dissous et 118 de ses membres ont été exclus de toute l'activité politique pendant cinq ans. Tous les sièges locaux et nationaux du parti ont été réaffectés à des membres non élus du parti au pouvoir et d'autres partis. Le dirigeant du CNRP dissous, Kem Sokha, qui a été arrêté en septembre, reste en prison pour des accusations de trahison liées aux commentaires qu'il a faits en 2013 au sujet de sa stratégie politique visant à défier le gouvernement actuel. Un autre ancien président du parti, Sam Rainsy, vit en exil volontaire, après qu'un certain nombre de poursuites judiciaires aient été portées contre lui au Cambodge.

Malgré les inquiétudes d'irrégularités, le CNRP a remporté plus de 44% du vote populaire lors des dernières élections nationales en 2013 et était le seul parti d'opposition à l'Assemblée nationale avec 55 des 123 sièges. Le CNRP a encore gagné près de 44% lors des élections communales (locales) en juin 2017.

Le gouvernement cambodgien a également réprimé la société civile et les médias en fermant et en suspendant plusieurs ONG et médias, et en ciblant des individus au sein de ces organisations. « Tous les Cambodgiens ont le droit de débattre ouvertement et de discuter des affaires politiques; les médias doivent être autorisés à scruter et à critiquer, ainsi qu'à informer le public; et la société civile, y compris les ONG, devrait être encouragée à jouer un rôle actif dans les affaires de l'Etat », a déclaré Mme Smith. « Une démocratie multipartite libérale est une caractéristique essentielle, ancrée et non modifiable de la Constitution du Cambodge », a rappelé l’experte.

 

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