Cambodge : l’ONU préoccupée par la situation des droits de l’homme après les élections législatives

17 août 2018

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est dit vendredi préoccupé par le climat entretenu autour des élections organisées le 29 juillet dernier au Cambodge.

« Nous sommes préoccupés par l'environnement des droits de l'homme autour des élections qui ont eu lieu récemment au Cambodge sans le principal parti d'opposition dissous, le Parti de sauvetage national du Cambodge (CNRP) », a déclaré le Haut-Commissaire, Zeid Ra’ad Al-Hussein.

L’absence du CNRP a laissé une proportion importante de la population sans représentation choisie, ce qui a suscité des inquiétudes quant à leurs droits à la participation politique, fait valoir le Haut-Commissariat.

Des personnes auraient été intimidées ou payées pour voter, et les organisations de la société civile ont été victimes de harcèlement pendant la période préélectorale, observe-t-il, soulignant que dix-sept sites web populaires ont été bloqués le jour du scrutin.

D'autres restrictions ont été imposées à la liberté d'expression des électeurs individuels et des opposants politiques qui ont appelé au boycott ou ont annoncé leur intention de s'abstenir de voter lors des élections, notamment par des menaces, des amendes et des poursuites judiciaires.

Appel à un débat politique ouvert et inclusif

« Maintenant que les résultats officiels des élections nationales ont été annoncés mercredi, j’appelle le gouvernement à créer un environnement pour un débat politique ouvert et inclusif qui permette à toutes les voix au Cambodge de se faire entendre», a déclaré le Haut-Commissaire.

Zeid Ra’ad Al-Hussein a exhorté le gouvernement à libérer les opposants politiques, les journalistes, les défenseurs des droits de l'homme et les citoyens ordinaires détenus, à lever l'interdiction imposée aux opposants participant à des activités politiques ainsi qu’à protéger et à élargir l'espace réservé à la société civile.

A l’avant-veille des élections tenues le 29 juillet dernier, le Secrétaire général  des Nations Unies, António Guterres, avait appelé le gouvernement cambodgien à respecter les normes internationales relatives aux droits de l'homme et, en particulier, à garantir aux acteurs de la société civile et aux partis politiques l'exercice de leurs droits démocratiques.

« J’appelle tous les acteurs politiques à réduire les tensions et la polarisation politique », avait-il alors déclaré par la voix de son  porte-parole.

En novembre dernier, le principal parti d'opposition, le CNRP, a été dissous, 118 de ses membres ont été exclus de toute l'activité politique pendant cinq ans et son dirigeant, Kem Sokha, a été arrêté.