Colombie : le processus de paix a permis une réduction de la violence, selon l’envoyé de l’ONU

19 avril 2018

Le processus de paix entre le gouvernement colombien et les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie –Armée du populaire (FARC-EP) a permis une réduction notable de la violence lors des élections législatives le 11 mars dernier, s’est félicité jeudi le Représentant spécial des Nations Unies dans ce pays, Jean Arnault, devant le Conseil de sécurité.

Des millions de Colombiens ont voté lors de ces élections, marquant une étape importante de la transition vers la paix en Colombie et de la transition des FARC de l’emploi des armes vers l’engagement politique.

« L’élection présidentielle est dans cinq semaines et, dans un contexte marqué par une polarisation politique, la campagne a pour l’heure confirmé la tendance vers une réduction de la violence électorale », a dit M. Arnault.

Le chef de la Mission de vérification de l’ONU en Colombie a précisé que la Cour constitutionnelle du pays a approuvé la loi sur le statut de l’opposition, un instrument prévu par l’Accord de paix et qui était à l’ordre du jour du Parlement colombien depuis 1991. Cette loi prévoit notamment l’accès des partis d’opposition aux médias et à un financement supplémentaire. La Cour a également déclaré à l’unanimité la constitutionnalité de la participation politique des FARC.

S’agissant de la réintégration économique des membres des FARC, le Représentant spécial a mentionné la publication des décrets destinés à faciliter l’ouverture des comptes en banque des coopératives des FARC. A l’exception de ceux visés par des sanctions internationales, les anciens combattants auront accès à des services bancaires, sur un pied d’égalité avec la population, facilitant leur réintégration.

Autre signe positif, le Représentant spécial a mentionné l’approbation, il y a deux jours, d’un programme pour la protection des communautés, des responsables communautaires et des défenseurs des droits de l’homme dans toutes les zones affectées par le conflit.

Photo ONU/Eskinder Debebe
Jean Arnault, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission de vérification des Nations Unies en Colombie, intervenant devant le Conseil de sécurité.

 

M. Arnault a ensuite détaillé les défis qui subsistent, mentionnant l’arrestation d’un des chefs des FARC pour trafic de drogues, qui a ébranlé un pays toujours divisé par le processus de paix. Le gouvernement s’est engagé à accélérer la mise en œuvre de l’Accord de paix, notamment s’agissant de la réintégration. Jean Arnault a souligné la nécessité d’accélérer cette réintégration avant la fin du mandat du gouvernement, les lacunes dans ce domaine pouvant encourager les anciens combattants à rejoindre des groupes criminels, tels que ceux responsables du récent assassinat de ressortissants équatoriens.

« Les ingrédients d’une percée sont connus – des projets productifs viables, des coopératives fonctionnelles et des terres disponibles – et la plupart de la préparation technique et juridique a été accomplie », a dit l’envoyé de l’ONU, en souhaitant l’approbation rapide du décret prévoyant l’accès des combattants aux terres. « S’il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur le processus de paix, nous avons observé qu’il a permis une réduction notable de la violence lors des élections législatives », a-t-il dit. Le processus a créé une série d’institutions visant à surmonter la violence dans les zones de conflit, a-t-il ajouté. « C’est un changement substantiel », a-t-il déclaré.

Enfin, M. Arnault a mentionné la reprise des négociations entre le gouvernement et les rebelles de l’Armée nationale de libération (ELN), ces deux parties prenantes ayant marqué leur intérêt pour un appui de l’ONU à la mise en œuvre d’un futur cessez-le-feu.

 

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