A Genève, le chef de l’ONU appelle à donner une nouvelle impulsion au désarmement mondial

26 février 2018

La communauté internationale a besoin « d’urgence d’une nouvelle vision commune de désarmement » face aux tensions, notamment sur le nucléaire, a déclaré lundi le Secrétaire général de l’ONU António Guterres, qui a annoncé qu’il préparait une nouvelle initiative.

Cette initiative vise « à donner une nouvelle impulsion au programme mondial de désarmement », a dit M. Guterres à l’ouverture de la nouvelle session de la Conférence du désarmement à Genève.

Le chef de l’ONU a promis des « actions pratiques et applicables ». Ce plan doit porter sur les priorités de la prévention, de la mise en œuvre des principes humanitaires face aux armes conventionnelles en milieu urbain, du développement durable et des menaces futures comme les armes autonomes ou les robots tueurs. Selon lui, il faut notamment répondre à l’accumulation des armes et établir un nouveau consensus pour l’élimination des armes nucléaires.

Le Secrétaire général a rappelé que l’action menée en matière de désarmement et de maîtrise des armements a fait d’importants progrès. Elle a permis une réduction des stocks d’armes nucléaires stratégiques et l’interdiction complète des armes chimiques et biologiques. Elle a aussi donné lieu à des accords interdisant et limitant l’utilisation des armes d’emploi aveugle, notamment les mines terrestres et les armes à sous-munitions.

Toutefois, la première résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies qui appelle à l’élimination complète des armes de destruction massive n’a toujours pas été mise en œuvre. Il reste quelque 15.000 armes nucléaires dans le monde, ce qui a probablement motivé l’adoption en 2017 du Traité pour l’interdiction de cet armement, sans les puissances nucléaires.

Plus de 1.500 milliards de dollars de dépenses militaires

Par ailleurs, les dépenses militaires mondiales dépassent toujours largement 1.500 milliards de dollars par an.

« Les armes de guerre sont vendues et commercialisées comme des produits de consommation ordinaires », a expliqué M. Guterres. « On exalte et glorifie la puissance militaire, en omettant de mentionner le coût choquant des conflits sur le plan humain. On constate par ailleurs la réapparition de tensions qui compromettent les progrès en matière de non-prolifération - les pays persistent dans l’idée fallacieuse que les armes nucléaires rendent le monde plus sûr », a ajouté le chef de l’ONU qui a aussi mis en garde sur l’apparition de certains acteurs non étatiques, notamment les terroristes, « qui constituent une menace extrêmement grave pour les efforts de désarmement global ».

Face à une telle dégradation de la situation, le Secrétaire général de l’ONU a exhorté la communauté internationale à se doter d’urgence d’une nouvelle vision commune de désarmement et de maîtrise des armements.

 Le Secrétaire général de l'ONU annonce une nouvelle initiative sur le désarmement mondial

 

A cet égard, il a demandé à la Haute représentante pour le désarmement, Izumi Nakamitsu de dialoguer avec de nombreux acteurs, dont les Etats membres et la société civile, pour activer son initiative. Il souhaite aussi le succès de la révision du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en 2020, une entrée en vigueur « sans délai » de celui d’interdiction des tests nucléaires et un établissement des responsabilités en cas d’utilisation d’armes chimiques.

Dans conditions, le chef de l’ONU plaide pour une « redynamisation de l’agenda du désarmement et du contrôle des armements » afin de le « remettre sur les rails ». Pour y arriver, « nous devons travailler ensemble pour atteindre notre objectif commun : un monde exempt d’armes nucléaires ». 

De son côté le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, a souligné que le monde entier avait besoin de la Conférence du désarmement, qui a été établie en 1979 mais dont la dernière décision remonte à 1996.

« La Conférence du désarmement est dans l'impasse depuis l'accord sur le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, il y a plus de vingt ans. Depuis, même un consensus sur un programme de travail n'a été atteint que deux fois », a-t-il souligné.

« Nous devons répondre à cette réalité. Parce que cela crée un risque », a-t-il ajouté. « Nous pouvons surmonter les défis actuels. Nous pouvons relancer ce forum », a-t-il affirmé.

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