Le Conseil de sécurité échoue à adopter une résolution sur la situation en Syrie

Le Conseil de sécurité met aux voix un projet de résolution sur la situation en Syrie le 19 juillet 2012. ONU
M. Garten.
Le Conseil de sécurité met aux voix un projet de résolution sur la situation en Syrie le 19 juillet 2012. ONU

Le Conseil de sécurité échoue à adopter une résolution sur la situation en Syrie

En dépit de la multiplication des appels à l'unité, le Conseil de sécurité a échoué à adopter une résolution qui aurait menacé Damas de sanctions, en raison d'un double veto de la Fédération de Russie et de la Chine.

En dépit des appels pour qu'il lance une action concertée et collective, le Conseil de sécurité a échoué jeudi à adopter une résolution qui aurait menacé Damas de sanctions, en raison des vetos de la Fédération de Russie et de la Chine.

Onze des 15 membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur de ce texte présenté par le Royaume-Uni, tandis que deux autres – le Pakistan et l'Afrique du Sud – se sont abstenus. C'est la troisième fois que la Fédération de Russie et la Chine, membres permanents du Conseil, exercent leur droit de veto contre un projet de résolution sur la situation en Syrie.

Avant la tenue de la séance d'aujourd'hui, le Secrétaire général, Ban Ki-moon, ainsi que l'Envoyé spécial conjoint pour les Nations Unies et la Ligue des États arabes pour la crise en Syrie, Kofi Annan, avaient multiplié les appels en direction du Conseil pour qu'il parvienne à un accord en vue de mettre fin aux effusions de sang dans ce pays du Moyen-Orient.

Dans une déclaration transmise cet après-midi par son porte-parole, le Secrétaire général a profondément regretté l'échec du Conseil de sécurité. Qualifiant de « décevant » le résultat du vote, Ban Ki-moon a jugé que l'heure était « grave ».

« La communauté internationale a une responsabilité collective vis-à-vis du peuple syrien. Le gouvernement syrien a manifestement échoué à le protéger. Le Secrétaire général, aux côtés de l'Envoyé spécial conjoint Kofi Annan et des Nations Unies dans leur ensemble, ne ménagera pas ses efforts pour mettre fin aux violences et aux violations des droits de l'homme et faciliter une transition démocratique pacifique menée par les Syriens eux-mêmes », a précisé le porte-parole.

Le Conseil de sécurité doit également se prononcer dans la journée sur l'avenir de la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS), qui a suspendu à la mi-juin ses opérations devant l'intensification des violences sur le terrain. Le mandat initial de 90 jours de la MISNUS expire en effet demain.

La Mission avait été établie afin de surveiller la cessation des violences en Syrie, ainsi que la pleine mise en œuvre du plan de paix en six points, présenté par Kofi Annan en mars dernier, qu'elle était également chargée d'appuyer.

« Je regrette de devoir le dire, mais nous ne sommes pas sur la voie de la paix en Syrie, comme en témoigne l'escalade de la violence à laquelle nous avons assisté à Damas ces derniers jours », a déclaré aujourd'hui en conférence de presse le chef de la MISNUS, le Général Robert Mood.

Un attentat à la bombe a été perpétré hier contre le siège de la Sécurité nationale à Damas, tuant et blessant gravement des responsables du gouvernement. Parmi les victimes, le Ministre de la défense de la Syrie et son adjoint. Des informations font état d'affrontements nourris entre les forces gouvernementales syriennes et les combattants de l'opposition dans plusieurs quartiers de la capitale.

Le Général Mood a rappelé qu'il appartient au Conseil de décider du sort de la MISNUS et de la présence politique et militaire des Nations Unies en Syrie. « Ce n'est pas un secret de dire que les membres du Conseil sont divisés sur les mesures à prendre pour mettre fin aux tueries et entamer un processus de transition politique. »

« Nous avons besoin d'un leadership efficace du Conseil de sécurité et d'une unité véritable autour d'un plan politique répondant aux aspirations du peuple syrien et accepté par toutes les parties », a plaidé le Chef de la MISNUS.