Le Représentant spécial Koenders promeut la réconciliation nationale en Côte d'Ivoire

Le Représentant spécial de l'ONU en Côte d'Ivoire, Bert Koenders. Photo ONU/Patricia Esteve
Le Représentant spécial de l'ONU en Côte d'Ivoire, Bert Koenders. Photo ONU/Patricia Esteve

Le Représentant spécial Koenders promeut la réconciliation nationale en Côte d'Ivoire

Tout en saluant les progrès accomplis par la Côte d'Ivoire sur la voie de la paix, de la stabilité et du développement, le Représentant spécial du Secrétaire général pour ce pays, Bert Koenders, a appelé mercredi son gouvernement au règlement du problème persistant de la sécurité qu'il a imputé à des questions de droits fonciers, à la lenteur de la réforme du secteur de la sécurité, à l'impunité et à l'insuffisance du dialogue pour la réconciliation nationale.

« L'économie de la Côte d'Ivoire est en train de se redresser, le pays a entrepris de réintégrer progressivement la sous-région de l'Afrique de l'Ouest et la situation s'est améliorée en termes de sécurité depuis la fin de la crise postélectorale l'an dernier », a souligné le Représentant spécial. En outre, après les élections législatives, l'Assemblée nationale a pu commencer à travailler dès le mois d'avril, s'est-t-il félicité.

« Mais ce tableau positif ne doit pas occulter le fait que le pays continue de faire face à des difficultés et à des menaces importantes qui entravent ses efforts de transition vers la consolidation de la paix », a prévenu le Représentant spécial.

La situation sécuritaire demeure instable, a-t-il expliqué, « et pas seulement dans l'ouest du pays », caractérisée par la faiblesse des autorités publiques, le nombre important d'armes en circulation, la présence d'éléments armés et d'anciens combattants et la course au contrôle des ressources.

M. Koenders s'est inquiété en particulier des allégations selon lesquelles d'anciens combattants ivoiriens et libériens seraient recrutés et réarmés, et des attentats à la sécurité de l'État préparés. Il a dénoncé les attaques contre des villages, marquées par des confrontations intercommunautaires qui pourraient dégénérer en un conflit à plus grande échelle si on ne traite pas des causes sous-jacentes comme la question des droits fonciers.

Le Représentant spécial du Secrétaire général a rappelé que la situation s'est gravement détériorée le mois dernier quand sept Casques bleus nigériens sont morts. En réaction, le gouvernement a renforcé sa présence militaire et créé une commission d'enquête à laquelle l'Opération des Nations Unies dans le pays (ONUCI) prête une assistance technique. Celle-ci a également renforcé sa présence militaire dans l'ouest, aidée par les forces ivoiriennes.

Insistant sur l'importance de la réconciliation nationale, M. Koenders s'est félicité de la tenue d'un conclave présidé par le Premier Ministre, qui a réuni les partis d'opposition et donné lieu à la création d'un mécanisme de suivi du dialogue.

En ce qui concerne les prochaines élections locales, pour lesquelles le Gouvernement a demandé l'assistance des Nations Unies, le Représentant spécial a estimé qu'elles devraient être inclusives, se dérouler selon un calendrier clairement établi et en toute sécurité. En outre, l'appui de l'ONUCI à ces élections devrait bénéficier de moyens financiers, administratifs et militaires suffisants.

Le Représentant spécial a aussi souligné l'importance d'œuvrer en faveur d'une culture des droits de l'homme en Côte d'Ivoire. Il est important de consolider les progrès réalisés, de lutter contre l'impunité vis-à-vis des auteurs des violations des droits de l'homme et de traduire en justice tous les auteurs de ces crimes, quelle que soit leur affiliation politique.

Le représentant de la Côte d'Ivoire, M. Bamba, a pris note de ces préoccupations, estimant néanmoins « plus juste de replacer les choses dans leur contexte », celui d'un « no man's land » au moment où le Président Alassane Ouattara a pris le pouvoir. Il a précisé que ce dernier s'était engagé de façon irréversible en faveur de la tolérance zéro.

Le 19 avril, une stratégie nationale portant sur la réforme de l'appareil judiciaire a été adoptée, a poursuivi le délégué, ajoutant que le Ministère de la justice établit actuellement, avec le soutien de l'ONUCI, un plan d'action qui servira de feuille de route aux partenaires internationaux à l'appui de cette réforme.

M. Albert Koenders a aussi conseillé d'intensifier les efforts en vue de mener à bien la réforme du secteur de sécurité et le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR). Le Président Ouattara a pris des mesures utiles pour développer ces programmes, a-t-il reconnu, comme la création d'un conseil national de sécurité chargé de superviser les mesures de DDR et de réforme du secteur de la sécurité.

Le représentant ivoirien a mis l'accent sur les efforts réalisés en Côte d'Ivoire en vue de garantir la réconciliation nationale et d'assurer la poursuite du processus politique. On constate de plus en plus, a-t-il précisé, l'appropriation d'initiatives grâce au dialogue intercommunautaire fortement encouragé par la Commission Dialogue, vérité et réconciliation.