Migrants : un expert de l'ONU s'inquiète de la montée des discours xénophobes

Migrants : un expert de l'ONU s'inquiète de la montée des discours xénophobes

Des travailleurs migrants.
Le nouveau Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l'homme des migrants, François Crépeau, a exhorté vendredi la communauté internationale à adopter une nouvelle façon plus équilibrée de parler de la migration basée sur l'égalité en droits, la non-discrimination, la dignité et la réalité.

« Fermer hermétiquement les frontières est une illusion, la migration est un fait et nous devons vivre ensemble sur la planète. La migration fait partie intégrale de la nature humaine, c'est une réponse aux menaces climatiques, à l'oppression politique, mais aussi pour satisfaire notre désir de forger un avenir meilleur pour nous mêmes et pour nos enfants, » a déclaré M. Crépeau dans son premier exposé devant l'Assemblée générale des Nations Unies.

« Nous sommes tous des migrants et de cette façon nous contribuons à l'économie mondiale et à la diversité culturelle. Combien d'entre nous vivons toujours dans la ville dans laquelle sont nés nos grands-parents ? Pas beaucoup. Nous sommes tous des enfants, des petits-enfants ou des arrière petits-enfants de migrants. Rares sont ceux qui se sont installés au même endroit pendant plusieurs générations, » a rappelé le Rapporteur spécial.

M. Crépeau a mis en garde contre les discours xénophobes sur la migration qui gagnent du terrain dans plusieurs pays. Selon lui, les difficultés à s'organiser des migrants et particulièrement de ceux qui se retrouvent dans des situations irrégulières, explique en partie pourquoi la rhétorique anti-immigrés continue de se développer.

« La migration irrégulière n'est pas un crime. Le fait de passer des frontières peut constituer une infraction à la loi, mais c'est une infraction abstraite, puisque le fait de se déplacer d'un pays à un autre ne constitue en soi aucune menace. La migration nous concerne tous et aucun Etat ne peut échapper à ses obligations légales de protéger et de respecter les droits humains des migrants, peu importe leurs statuts, » a souligné M. Crépeau.

« Nous appliquons souvent des standards légaux que nous refuserons pour nos filles et fils, » a indiqué le Rapporteur spécial en référence aux règles de détention administrative de migrants qui risquent de longues périodes de détention sans accès à une assistance juridique ou à des mécanismes de réexamen de décisions administratives.

Le principe d'égalité de droits signifie que les migrants ne doivent jamais être les cibles de discrimination à cause du fait qu'ils sont « étrangers ». « La dignité n'a pas de nationalité », a rappelé le Rapporteur spécial.