Syrie : l'ONU préoccupée par la violence dans la ville de Djisr al Choghour

Syrie : l'ONU préoccupée par la violence dans la ville de Djisr al Choghour

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Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est très préoccupé par la poursuite des violences en Syrie et le nombre élevé de victimes parmi la population civile.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est très préoccupé par la poursuite des violences en Syrie, notamment dans la ville de Djisr al Choghour, dans le nord-ouest, et le nombre élevé de victimes parmi la population civile, a dit lundi son porte-parole.

« Les autorités syriennes ont l'obligation de protéger leur population et de respecter ses droits. L'usage de la force militaire contre des civils est inacceptable », a-t-il ajouté. « Le Secrétaire général reste convaincu que la seule façon de prendre en compte les appels du peuple syrien à un changement pacifique est d'entamer un dialogue national ouvert à tous et de lancer des réformes authentiques, et il appelle les autorités syriennes à respecter leurs engagements à cet égard. »

Ce weekend, alors qu'il se trouvait en Colombie, le Secrétaire général a estimé que la Syrie devait autoriser l'entrée d'une équipe humanitaire en Syrie afin que la situation humanitaire puisse être évaluée et que l'assistance nécessaire soit apportée. Il a également estimé que la Syrie devait recevoir les équipes mandatées par le Conseil des droits de l'homme pour évaluer la situation dans ce domaine.

De son côté, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, s'est également déclaré lundi très préoccupée par les violences meurtrières au cours des derniers mois en Syrie et a souhaité qu'une évaluation indépendante de la situation soit autorisée par le gouvernement.

« J'appelle le gouvernement à respecter et protéger les civils, et à éviter d'utiliser la force contre des manifestants pacifiques », a dit Mme Amos dans une déclaration. Les violences de ces derniers mois auraient fait 1.200 morts et entraîné l'exil de 10.000 personnes.

« Il est important que nous sachions exactement ce qui se passe en Syrie afin que nous puissions fournir de l'aide si nécessaire. J'espère que le gouvernement de Syrie autorisera une évaluation indépendante », a-t-elle ajouté.

La chef de l'humanitaire de l'ONU a salué les pays voisins pour avoir gardé leurs frontières ouvertes et les a remerciés pour l'assistance qu'ils ont donnée. Elle a souligné que les Nations Unies étaient prêtes à apporter leur aide, notamment à la lumière de la récente augmentation du nombre de personnes arrivées dans les pays voisins.

Depuis le début des manifestations contre le Président syrien Bachar Al-Assad en mars, l'ONU a multiplié ses mises en garde contre l'usage excessif de la violence par les forces de l'ordre contre les manifestants.

La semaine dernière, la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a dénoncé la répression implacable des autorités syriennes et a appelé le gouvernement à répondre à la demande répétée du Conseil des droits de l'homme de l'ONU de permettre l'envoi d'une mission d'enquête dans le pays.

De son côté, la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a appelé vendredi les autorités syriennes à rétablir les services Internet et à cesser les attaques contre les médias.

Selon la presse, l'armée syrienne a lancé dimanche une offensive contre Djisr al Choghour, une ville proche de la frontière turque, une semaine après de violents affrontements qui auraient fait, selon les autorités, 120 morts parmi les membres de forces de sécurité.

Cette offensive de l'armée a entraîné la fuite de milliers d'habitants qui sont allés chercher refuge en Turquie. La Turquie a installé quatre camps de réfugiés à la frontière.