Libye : les Nations Unies réclament un accès humanitaire aux civils

Libye : les Nations Unies réclament un accès humanitaire aux civils

A la frontière tunisienne, des personnes ayant fui les violences en Libye.
Le Secrétaire général, Ban Ki-moon, a fait part de sa vive préoccupation à propos des combats signalés dans l'ouest du pays qui auraient faits de nombreux morts et « menacent de tourner au carnage dans les jours à venir ».

Dans un communiqué de son porte-parole, le chef de l'ONU souligne « que les civils payent le prix de ces violences ». Il « appelle à l'arrêt immédiat de l'usage disproportionné de la force par le gouvernement et des attaques sans discernement contre des cibles civiles ».

« Dans la matinée, le Secrétaire général s'est entretenu avec le ministre libyen des affaires étrangères, Musa Kusa, et a fermement appelé à la fin des hostilités et au respect complet de la résolution 1970 du Conseil de sécurité. Il a appelé les autorités de Tripoli à respecter les droits de l'homme de toutes les personnes présentes dans le pays et à lever des restrictions imposées à la presse », poursuit le porte-parole.

Adoptée samedi 26 février, la résolution 1970 impose des sanctions au régime libyen, ainsi qu'un embargo total sur les armes. Elle demande aux autorités la fin des violences contre les civils, libyens ou ressortissants étrangers. Elle saisit également la Cour pénale internationale pour d'éventuels crimes contre l'humanité perpétrés en Libye.

« Le Secrétaire général a également discuté de l'évolution troublante de la situation humanitaire, en particulier de la détresse des travailleurs migrants, et a appelé les autorités à assurer la sécurité de tous les étrangers sur place et l'accès aux organisations humanitaires », poursuit le porte-parole de Ban Ki-moon, avant d'ajouter qu'une proposition « d'envoi immédiat d'équipes humanitaires d'évaluation à Tripoli » a été acceptée par le ministre libyen des affaires étrangères.

« Au cours de sa conversation téléphonique, il a demandé aux autorités de Tripoli d'assumer leur responsabilité de protéger les citoyens et de prendre en compte les aspirations légitimes du peuple à vivre dans la dignité et la paix. Il les a appelées à considérer en urgence l'intérêt du peuple et à écouter les appels unis de la communauté internationale », souligne-t-il encore.

Pour conclure, le porte-parole indique que Ban Ki-moon « a nommé l'ancien ministre jordanien des affaires étrangères, Abdul Ilah Khatib, pour être son Envoyé spécial en Libye et entamer de toute urgence des consultations sur la situation humanitaire avec les autorités de Tripoli et celles des pays de la région ».

Plus tôt dans la journée, la Secrétaire générale adjointe de l'ONU aux affaires humanitaires, Valerie Amos, avait aussi déclaré que les organisations humanitaires devaient « disposer d'un accès dès maintenant ». « Les gens sont blessés et mourants, ils ont immédiatement besoin d'aide », a-t-elle indiqué dans un communiqué, à propos de la situation dans la ville de Misrata.

« J'appelle les autorités à permettre un accès sans délai aux travailleurs humanitaires pour aider à sauver des vies », a-t-elle ajouté.

Samedi, Valerie Amos s'est rendue à la frontière libyo-tunisienne, où les agences onusiennes viennent en aide aux dizaines de milliers de travailleurs migrants ou libyens fuyant les violences.

Depuis le début de la répression du soulèvement populaire par le régime du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, plus de 150.000 personnes ont fuit la Libye vers la Tunisie, l'Egypte ou le Niger.

Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) souligne toutefois que depuis que les autorités libyennes ont repris le contrôle du passage des frontières vers la Tunisie, le nombre de personnes la franchissant a drastiquement chuté, passant de 20.000 par jours il y a une semaine, à quelques centaines aujourd'hui.

Des témoignages recueillis auprès de personnes ayant pu franchir la frontière ces derniers jours font état d'intimidations des autorités libyennes destinées à les dissuader de quitter le pays. Dans ce contexte, Valerie Amos a rappelé que la liberté de circulation était un droit de l'homme fondamental qui devait être respecté en toutes circonstances.

La Secrétaire générale adjointe a par ailleurs remercié les gouvernements, les organisation non gouvernementales, les familles et les population des pays limitrophes à la Libye pour l'accueil, le soutien et l'aide offerts à tous ceux qui quittent le pays.

Lundi, elle lancera un appel de fonds pour couvrir pendant trois mois les opérations d'assistance en Libye, Tunisie, Egypte et Niger, qui comprennent la gestion des mouvements de population, les besoins humanitaires (santé, eau, médicaments), la protection des civils et la communication.