Enfants et conflits armés : Le Conseil de sécurité compte élargir les critères de la 'liste de la honte'

30 avril 2009

Le Conseil de sécurité, lors d'un débat mercredi marqué par le témoignage douloureux d'une ex-enfant soldat, a reconnu l'importance d'inscrire les parties à un conflit qui commettent des meurtres et des mutilations ou « des actes de viol et autres formes de violence sexuelle » sur la double liste figurant en annexe des rapports du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés, ajoutant qu'il prendrait des mesures « dans les trois mois ».

« La violence sexuelle est un crime terrible et ses auteurs doivent être punis », a lancé l'ex-enfant soldat, Grace Akallo, dont l'intervention a été saluée, de façon exceptionnelle, par les applaudissements du Conseil de sécurité. « Cela doit cesser », a-t-elle ajouté.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé au Conseil de sécurité de s'inspirer des paroles de Grace Akallo. « Vous devrez tenir compte de son courage et de sa capacité de résilience », a-t-il dit, l'exhortant à intensifier son action en vue de mettre fin à l'impunité des auteurs de crimes sexuels. M. Ban a recommandé au Conseil d'élargir les critères pour les annexes de son rapport, afin que celles-ci puissent inclure « les parties qui commettent des viols et d'autres violences sexuelles contre des enfants dans les conflits armés ».

Dans une déclaration présidentielle, lue à l'issue du débat au nom de tous ses membres, le Conseil de sécurité a condamné à nouveau, « avec la même énergie, la poursuite du recrutement et de l'emploi d'enfants dans des conflits armés », ainsi que les autres violations graves commises contre des enfants en période de conflit armé.

Le Conseil « exige de toutes les parties concernées qu'elles mettent fin immédiatement à ce genre de pratiques et prennent des mesures spéciales pour protéger les enfants ». Il « demande une nouvelle fois » aux parties figurant sur les listes jointes en annexe au rapport du Secrétaire général « d'élaborer et d'exécuter des plans d'action concrets, assortis d'échéances pour mettre un terme au recrutement et à l'utilisation d'enfants ».

Le Conseil s'est dit en particulier préoccupé par « le grand nombre de viols et autres formes de violence sexuelle commis avec une extrême brutalité contre des enfants, filles comme garçons, dans le cadre de conflits armés. »

Il déclare reconnaître « l'importance d'insérer dans les annexes des rapports du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés les parties aux conflits armés qui commettent des meurtres et mutilations d'enfants interdits par le droit international applicable ou des actes de viol et autres formes de violence sexuelle à l'égard d'enfants qui sont interdits par le droit international applicable, dans des situations de conflit armé, et il indique qu'il entend continuer d'examiner cette question pour prendre des mesures dans les trois mois à compter de la présente date ».

 

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