Le Conseil de sécurité divisé sur la question du Zimbabwe

29 avril 2008

« La question du Zimbabwe n’est pas à l’ordre du jour du Conseil de sécurité », a rappelé aujourd’hui le représentant de l’Afrique du Sud qui préside le Conseil au mois d’avril alors que des représentants de l’opposition au Zimbabwe étaient venus demander au Secrétaire général l’envoi d’un émissaire sur place.

« Le Secrétaire général n’a pas besoin du Conseil de sécurité s’il souhaite dépêcher un envoyé spécial sur le terrain », a estimé aujourd’hui Dumisani Kumalo, ambassadeur de l’Afrique du Sud à l’ONU, devant la presse, à l’issue d’un exposé à huis clos du Secrétaire général adjoint aux affaires politiques de l’ONU, B. Lynn Pascoe, qui a exprimé la préoccupation de l’ONU face aux violences, commises par le gouvernement mais aussi par toutes les parties (webcast des commentaires devant la presse).

« La crise alimentaire préexistante à la crise politique issue des élections n’a fait que s’aggraver », a-t-il souligné.

« Nous serions heureux de coopérer avec l’Union africaine et la SADC », a-t-il souligné, indiquant que certains pays avaient évoqué la possibilité de dépêcher « une commission d’établissement des faits ou un envoyé ».

De son côté, l’ambassadeur des Etats-Unis a expliqué à la presse que le Conseil « restait divisé » sur la question du Zimbabwe, où le résultat de l’élection présidentielle donnant, selon la presse, l’opposition gagnante, n’a toujours pas été publié (webcast).

Il a indiqué que son pays souhaitait que le Conseil se saisisse de la question et qu’il organise un débat public, au regard du danger que la situation pose à la sécurité de la région.

Alejandro Wolff s’est dit particulièrement frappé par les propos de B. Lynn Pascoe qui aurait caractérisé la situation au Zimbabwe de « pire crise humanitaire dans le pays depuis l’indépendance ».

Des représentants de l’opposition dans le pays, dont le secrétaire général du MDC, Tendai Biti, ont pris la parole devant les journalistes à New York, soulignant que « les réponses aux requêtes faites par des acteurs non étatiques » restaient « timides », mais ils se sont dits confiants que le Secrétaire général enverrai un émissaire, citant le précédent de la crise du logement dans le pays (webcast).

Le Secrétaire général avait envoyé un émissaire lorsque le gouvernement de Robert Mugabe avait lancé une campagne massive de destruction d’habitations sans relogement prévu pour la population.

Par ailleurs, plusieurs experts des Nations Unies sur les droits de l’homme ont fait connaître leur préoccupation face à la détérioration de la situation au Zimbabwe, citant des informations « fiables » faisant état de « tortures, violences, représailles et prise pour cible de personnes ou groupes suspectés d’avoir voté pour ou d’avoir soutenu le Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

Selon les experts, au moins 351 personnes ont été hospitalisées, plusieurs meurtres politiques ont été rapportés, près de 300 maisons incendiées volontairement.

Près de 70 membres du MDC et 34 personnes travaillant pour la Commission électorale du Zimbabwe ont été arrêtées.

 

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