La crise au Zimbabwe menace la paix et la sécurité, selon Asha-Rose Migiro

8 juillet 2008

La Vice-Secrétaire générale de l'ONU Asha-Rose Migiro a prévenu le Conseil de sécurité que la situation au Zimbabwe posait un « défi au monde » et a dénoncé le caractère illégitime des dernières élections présidentielles.

« A Charm el-Cheikh, j'ai transmis le message du Secrétaire général selon lequel « la crise au Zimbabwe représente un 'moment de vérité' pour la démocratie sur le continent ». Aujourd'hui, je voudrais affirmer au Conseil que le Zimbabwe pose aussi un défi au monde », a affirmé aujourd'hui Asha-Rose Migiro lors d'un exposé au Conseil de sécurité.

La Vice-Secrétaire générale a estimé que « les élections irrégulières qui ont eu lieu au Zimbabwe ont produit un résultat illégitime ». Elle a jugé que « la gravité de la situation et ses conséquences pouvaient affecter la paix et la sécurité régionale de façon profonde ».

Asha-Rose Migiro a rappelé que le président sortant Robert Mugabe avait remporté 80% des voix lors du deuxième tour des élections, après être arrivé second au premier tour qui a donné 47,9% des voix à son opposant Morgan Tsvangirai. Ce dernier s'est retiré du second tour après une campagne d'intimidation menée par les autorités, notamment le meurtre d'au moins 80 de ses partisans.

Elle a aussi souligné que les observateurs de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), de l'Union africaine et du Parlement panafricain avaient conclu que « les élections n'avaient pas été libres ni équitables » et que la réélection de Robert Mugabe était « manifestement irrégulière ».

« Il est clair que le Zimbabwe devra passer par une période de transition rassemblant sa population autour d'un projet commun », a-t-elle estimé, ajoutant que la création d'un gouvernement d'unité nationale avait le soutien des pays de la région.

L'Union africaine a appelé la SADC à poursuivre ses efforts de médiation et le Secrétaire général de l'ONU a aussi offert son soutien à cet effet.

En attendant, la Vice-Secrétaire générale a souligné la préoccupation de l'ONU sur une éventuelle détérioration de la situation, avec la diffusion des violences dans le pays et dans la région.

La population est en danger avec 5,1 millions de personnes dans une grave situation humanitaire. L'inflation s'élève à 10,5 million pour cent par an, et le chômage a atteint 80% de la population active dans ce pays qui était autrefois le « grenier de l'Afrique australe ».

Lors d'un point avec la presse à l'issue de son exposé, Asha-Rose Migiro a souligné que ce n'était pas la longévité au pouvoir de Robert Mugabe qui était en jeu (il en est à son sixième mandat), mais le mode d'accès au pouvoir.

 

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