Les dirigeants de l&#39Ethiopie et de l&#39Erythrée exhortés à cesser les déclarations hostiles

20 juillet 2007

Dans son dernier rapport sur la situation entre l&#39Ethiopie et l&#39Erythrée, le Secrétaire général exhorte les dirigeants des deux pays à mettre immédiatement un terme à l&#39échange de déclarations hostiles et à appliquer les Accords d&#39Alger conclus il y a sept ans après des années de guerre dévastatrice.

« La tension qui règne actuellement entre les deux pays rend l'application de l'Accord sur la cessation des hostilités encore plus importante », insiste le rapport qui traite de l'évolution de la situation depuis le 30 avril dernier.

Le Secrétaire général « engage les deux parties à suivre scrupuleusement la lettre et l'esprit des Accords d'Alger et à donner leur soutien à toute initiative susceptible de contribuer à la normalisation des relations et au rétablissement de l'engagement bilatéral ».

Il encourage les dirigeants des deux pays, eux et leurs partenaires, « à instaurer des mesures de confiance et à s'engager sur la voie de la coopération dans divers domaines d'intérêt mutuel, en favorisant notamment l'accès des populations touchées à l'aide humanitaire, en encourageant le déminage ou toute autre activité de nature à aider à atténuer les tensions et à renforcer la compréhension mutuelle ».

« Il serait également indispensable de promouvoir toute autre forme de concertation, dont des initiatives régionales, à même d'améliorer les relations entre les deux pays », estime le rapport.

Les deux Accords d'Alger, l'Accord sur la cessation des hostilités et l'Accord de paix qui a suivi, ont mis un terme à des années de guerre et établi les conditions d'une normalisation des relations entre l'Érythrée et l'Éthiopie.

« Ils ont jeté les bases d'une paix entre les deux pays », rappelle le rapport.

Il est donc « indispensable que les deux gouvernements y restent résolument attachés, notamment en respectant le cessez-le-feu et l'intégrité de la zone temporaire de sécurité, et s'abstiennent de toute action susceptible de le compromettre ou d'entraîner une escalade de la tension entre les deux pays ».

« J'estime extrêmement préoccupantes les nombreuses et graves violations de la zone temporaire de sécurité », écrit le Secrétaire général, engageant l'Érythrée « à retirer ses troupes et son matériel militaire lourd de ladite zone en vue de rétablir son intégrité conformément aux Accords d'Alger ».

« Je l'invite également à lever immédiatement toutes les restrictions qu'elle impose à la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE), déployée à la demande des deux pays », est-il ajouté.

Ces restrictions empêchent pratiquement la Mission de s'acquitter de son mandat de surveillance.

Par ailleurs, le rapport demande à l'Éthiopie de « prendre elle aussi des dispositions pour désamorcer la situation en réduisant les forces militaires supplémentaires qu'elle a récemment introduites dans les régions qui jouxtent la zone temporaire de sécurité ».

« Je m'inquiète tout aussi vivement de l'impasse dans laquelle le processus de démarcation de la frontière reste plongé », ajoute le Secrétaire général, assurant que l'ONU demeure « résolument attachée à l'application pleine et inconditionnelle de la décision de délimitation de la Commission du tracé de la frontière entre l'Érythrée et l'Éthiopie en date du 13 avril 2002, comme prévu dans de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité ».

« À cet égard, il est éminemment important et urgent de relancer les travaux de la Commission de coordination militaire, qui offre un cadre privilégié pour débattre de questions militaires et de sécurité pressantes », estime le rapport.

« J'invite les deux parties à faire preuve de la volonté politique nécessaire, mais je m'estime tout de même tenu de leur rappeler que c'est à elles qu'incombe en définitive la responsabilité primordiale de trouver une issue heureuse à leur différend frontalier et d'asseoir une paix durable, entre les deux pays », conclut le Secrétaire général.

En raison du rôle que joue la MINUEE dans le respect du cessez-le-feu et la stabilité de la région dans son ensemble, il recommande que son mandat soit prorogé de six mois jusqu'au 31 janvier 2008.

 

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