Kofi Annan qualifie d'historique l'adoption d'un traité sur les droits des handicapés

28 août 2006

Le Secrétaire général a qualifié aujourd'hui d'événement « historique » l'adoption vendredi, par un Comité de l'Assemblée générale, d'une convention internationale pour la protection et la promotion des droits des handicapés, après cinq ans de négociations.

« Les personnes handicapées ont jusqu'ici manqué d'une protection adéquate de leurs droits », a rappelé Kofi Annan dans message transmis à New York, formulant l'espoir que ce traité marquerait « le commencement d'une nouvelle ère dans laquelle elles auront les mêmes droits et les même opportunités que chaque être humain ».

Le Secrétaire général a appelé par conséquent « tous les Etats membres à ratifier la convention et à la mettre en oeuvre rapidement ».

« Ce texte, premier instrument juridiquement contraignant du 21e siècle ayant trait aux droits de l'homme, marque un tournant important dans la façon dont sera appréhendé le handicap dans tous les aspects de la vie quotidienne et dans la manière de subvenir aux besoins particuliers de quelque 650 millions de personnes handicapées vivant dans le monde », indique un communiqué de l'ONU publié vendredi.

« Je savais que l'histoire était en train de s'écrire dans cette salle », a commenté le président de l'Assemblée générale, Jan Eliasson, après que les négociateurs sont parvenus à un accord vendredi dans la soirée.

« Avec l'adoption historique du projet de convention, le Comité [chargé de son élaboration] envoie au monde un message fort pour la dignité et l'égalité entre tous les hommes », a-t-il ajouté.

La convention ne crée pas de nouveaux droits mais interdit spécifiquement la discrimination à l'encontre des personnes handicapées dans tous les secteurs de vie, dont les droits civiques, les droits à la justice et à l'éducation, l'accès aux services de santé et aux transports.

Le traité qui compte 40 articles sera présenté à l'Assemblée générale pour adoption lors de sa prochaine session à l'automne.

L'adoption finale de la convention pourrait ouvrir les portes à l'adoption de législations nationales qui transformeront les attitudes du public à l'égard des personnes handicapées dans tous les secteurs de la vie, souligne le communiqué.

Dans ses déclarations de clôture, le président du Comité de négociations, Don MacKay, de la Nouvelle-Zélande, a salué un succès « difficile à obtenir, qui s'est longtemps dessiné dans la confusion, mais dont la nécessité n'aura à aucun moment échappé à personne ».

Les négociations ayant mené à l'élaboration du projet de convention ont débuté en 2002. Les sept sessions qui se sont tenues jusqu'à maintenant ont été l'occasion pour les États, les organismes compétents des Nations Unies, ainsi que les organisations intergouvernementales et non gouvernementales de progresser sur les différents articles du projet de texte, précise le communiqué.

La définition du handicap, une notion qui divise les pays depuis le premier cycle de négociations, n'a par ailleurs pas pu être trouvée. Toutefois, les délégations ont adopté l'article 2 portant sur la définition, entre autres, de la discrimination fondée sur le handicap.

On estime que 10% de la population mondiale souffre d'un handicap.

 

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