OMS/UNICEF : la diffusion de la polio réduite à quatre pays

1 février 2006

La polio a disparu pour la première fois de l'Egypte et du Niger, restant endémique seulement au Nigeria, en Inde, au Pakistan et en Afghanistan, indiquent aujourd'hui l'OMS et l'UNICEF, qui réclament 150 millions de dollars pour leur campagne de vaccination de 2006.

« Le nombre de pays affectés par la polio de façon endémique est descendu à un chiffre record de quatre, alors que les efforts d'éradication de la polio entrent dans une nouvelle phase impliquant le recours à la prochaine génération de vaccins visant les deux souches de virus qui survivent », indique un communiqué publié aujourd'hui conjointement par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

« En 2006, les vaccins monovalents, visant des souches individuelles de virus, seront le principal outil d'élimination des virus de type 1 et 3 dans toutes les zones encore affectées », annoncent les principaux partenaires dans ces efforts, l'OMS, Rotary International, les Centres américains pour la prévention des maladies et l'UNICEF.

Ces derniers confirment aussi aujourd'hui que le virus endémique de la polio a cessé de circuler en Egypte et au Niger depuis plus de 12 mois.

« La polio est endémique dans notre pays aussi loin que remonte notre histoire », a déclaré le ministre de la Santé égyptien, Hatem Mostafa El-Gabaly. « Les outils les plus perfectionnés de notre époque ont finalement vaincu cet ennemi qui était avec nous depuis l'époque pharaonique », a-t-il ajouté.

« C'est la première fois depuis trois ans que le nombre de pays affectés de façon endémique par la polio a diminué - le Nigeria, l'Inde, le Pakistan et l'Afghanistan restant parmi les seuls pays qui n'ont jamais interrompu la transmission de la polio », indique le communiqué.

« Contrairement à l'Egypte, où le défi était de répondre à une transmission très rapide en raison de la forte population des villes, le Niger dispose d'une population éparpillée, dont une partie est nomade, et qui a une frontière très active avec le Nigeria, connu comme étant le plus réservoir mondial du virus de la polio », ajoute le communiqué.

Les campagnes d'immunisation au Niger ont été soigneusement planifiées afin de s'assurer que les enfants étaient vaccinés jusques dans les zones les plus reculées et dans les régions frontalières. En 2005, les neufs cas de polio signalés au Niger ont tous été le résultat d'importation le long de cette frontière, indique l'OMS.

« Les succès obtenus au Niger et en Egypte ont été le résultat d'intenses efforts menés en 2004-2005 pour stopper l'épidémie en Afrique et accélérer l'introduction des vaccins monovalents », affirme l'UNICEF.

Le nombre de cas de polio en Inde et au Pakistan a aussi décru de moitié au cours du dernier trimestre de 2005, en comparaison de l'année précédente, grâce à des stratégies d'immunisation plus efficaces et le recours aux vaccins monovalents.

« Le gouvernement doit rester très engagé à tous les niveaux au Nigeria afin d'utiliser tous ces outils et de faire en sorte que tous les enfants sont vaccinés », a déclaré Jonathan Majiyagbe de la ville de Kano au Nigéria, ancien président de l'organisation non gouvernementale Rotary International, qui a contribué aux efforts à hauteur de 600 millions de dollars.

90% des cas de polio sont concentrés dans seulement 8 des 37 Etats du Nigeria.

Outre la poursuite des campagnes d'immunisation dans les quatre pays affectés de façon endémique, l'OMS et ses partenaires annoncent des campagnes à grande échelle dans 8 pays en 2006, notamment en Somalie, en Indonésie et au Yémen, afin de stopper la circulation des virus récemment « importés ».

Les agences annoncent un déficit de financement de 150 millions de dollars dont elles espèrent qu'il sera comblé le plus vite possible.

« Les efforts d'éradication exigeront encore 425 millions de dollars pour la période 2007-2008 », conclut le communiqué.

L'OMS avait lancé en octobre 2004 une campagne monumentale pour éradiquer la polio après sa réapparition dans la région de l'Afrique sub-saharienne, vaccinant près de 80 millions d'enfants en quatre jours (voir notre dépêche du 8 octobre 2004).

Le président du Nigéria et président de l'Union africaine, Olusegun Obasanjo, le président de la Commission de l'Union africaine Alpha Oumar Konaré et Jonathan Majiyagbe, ancien président de Rotary, avaient apporté leur soutien au coup d'envoi, à Kano au Nigéria, de cette opération de vaccination la plus importante jamais lancée.

Le choix de Kano pour le lancement officiel de la campagne avait une évidente portée symbolique. Cet Etat islamiste du Nord du Nigeria, arguant de dangers supposés du vaccin oral anti-polyomiélite, avait en effet suspendu la vaccination des enfants de l'Etat à la fin 2003. La maladie était alors réapparue dans 10 pays africains dont elle avait été auparavant éradiquée alors que 30 sur les 37 Etats du Nigéria s'avéraient infectés.

La maladie s'était alors propagée jusqu'en Somalie, en Arabie saoudite et jusqu'au Yémen.

 

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