A Londres, Kofi Annan exhorte les gouvernements à désarmer et à renforcer le régime de non-prolifération

1 février 2006

Dans un discours prononcé hier à Londres, à l'occasion du 60e anniversaire de la première réunion du Conseil de sécurité, le Secrétaire général a dénoncé les faiblesses de notre système de sécurité internationale et souligné l'urgence de désarmer et de renforcer le régime de non-prolifération nucléaire, « comme nous le rappelle aujourd'hui l'Iran ».

« Ma plus grande déception est de ne pas avoir réussi à tracer un chemin sur la route du désarmement et de la non-prolifération », a regretté le Secrétaire général, qui termine son deuxième mandat le 31 décembre prochain, dans un discours prononcé hier devant l'association des Nations Unies du Royaume-Uni, à l'occasion du 60e anniversaire de la première réunion du Conseil de sécurité qui s'était tenue à Londres le 17 janvier 1946.

« Peut-il y avoir une menace plus alarmante, dans le monde d'aujourd'hui, que la menace d'une arme nucléaire ou biologique tombant entre les mains de terroristes ou utilisée par un Etat, suite à une terrible incompréhension ou un mauvais calcul ? », s'est demandé Kofi Annan.

« Plus s'accroît le nombre des Etats qui possèdent de telles armes, plus grand est le risque. Et plus les Etats qui possèdent déjà de telles armes augmentent leur arsenal, ou insistent sur le fait que de telles armes sont essentielles pour leur sécurité nationale, plus d'autres Etats ont le sentiment qu'ils doivent aussi les avoir, pour leur sécurité », a-t-il affirmé.

« Depuis 35 ans, le régime du Traité de non-prolifération (TNP) a remarquablement bien protégé l'être humain de ces dangers. Mais il doit maintenant affronter de grands défis », a prévenu le Secrétaire général.

« Les gros titres d'aujourd'hui se préoccupent, à raison, de l'Iran. En effet, les principes et les obligations fondamentaux du traité sont en jeu. Pour les signataires du TNP, le droit de développer l'énergie nucléaire est une condition de l'obligation solennelle de ne pas fabriquer ou acquérir d'armes nucléaires et d'obéir aux normes mises en place et surveillées par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) », a estimé Kofi Annan.

« Mais, lorsque nous prenons du recul sur les gros titres, il est évident que nous ne pouvons pas continuer à tanguer de crise en crise, jusqu'au moment où le régime de non-prolifération sera plongé dans une cascade de prolifération nucléaire », a-t-il encore dit.

« A deux reprises l'année dernière, les gouvernements ont eu l'occasion de renforcer les fondations du TNP, en convenant de rendre plus efficaces les inspections de l'AIEA, en accordant des garanties aux pays qui renonceraient aux activités d'enrichissement et de retraitement des matières fissiles, et en acceptant de procéder rapidement au désarmement », a rappelé le Secrétaire général.

« Par deux fois, ils ont échoué. Nous ne pouvons plus nous permettre de laisser passer de telles occasions », a prévenu Kofi Annan.

 

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