"Edifier une culture de la tolérance", exhorte Kofi Annan

16 novembre 2005

A l'occasion de la Journée internationale de la tolérance, le Secrétaire général a appelé à l'édification d'une culture de la tolérance et rappelé que la tolérance ne saurait se limiter à une acceptation passive des particularités, qu'elle exige la connaissance, la compréhension et la découverte de qu'il y a de meilleur dans les croyances et traditions de chacun.

« La diversité qui a caractérisé de tout temps la condition humaine a toujours eu bien du mal à être acceptée. L'intolérance de l'« autre » demeure, jour après jour, la cause de grandes souffrances », a déclaré le Secrétaire général, dans un message transmis par son porte-parole à l'occasion de la Journée internationale de la tolérance.

« C'est pourquoi la lutte contre l'intolérance sous toutes ses formes constitue depuis 60 ans un aspect fondamental des activités de l'Organisation des Nations Unies. Mais jamais dans l'histoire de l'Organisation la tolérance n'a été plus nécessaire qu'aujourd'hui », a affirmé Kofi Annan.

« La montée de la xénophobie et de l'extrémisme dans le monde entier l'atteste de manière évidente. Elle exige de nous une réaction des plus énergiques », a-t-il indiqué.

« Édifier une culture de la tolérance constitue un premier pas important. Une telle culture doit nécessairement se fonder sur une protection juridique et une éducation renforcées. Mais l'initiative individuelle doit aussi y avoir sa place. La tolérance ne saurait se limiter à une acceptation passive des particularités que l'on perçoit chez les autres. Elle exige de nous tous que nous nous efforcions de mieux nous connaître les uns les autres, de comprendre l'origine de nos différences, de découvrir ce qu'il y a de meilleur dans les croyances et traditions de chacun », a exhorté le Secrétaire général.

« Ce n'est que par cette entreprise de découverte que nous pourrons comprendre que ce qui nous unit en tant qu'êtres humains est beaucoup plus fort que ce qui nous divise », a ajouté Kofi Annan.

Dans un message transmis par son Conseiller Lakhdar Brahimi, lors d'une conférence sur l'Islam et le pluralisme qui s'est tenue à Vienne vendredi dernier, le Secrétaire général avait appelé à s'unir pour lutter contre l'extrémisme de tous bords et à répondre à la logique de la violence par celle de l'ouverture, exprimant l'espoir que le projet de l'« Alliance des civilisations », lancée à l'initiative des premier ministres de l'Espagne et de la Turquie, pourrait y contribuer (voir notre dépêche du 14 novembre 2005 et notre dépêche sur le lancement du projet).

Il a nommé cette semaine le Professeur Tomas Mastnak au poste de directeur du Bureau de l'Alliance des civilisations. Il a également nommé Shamil Idriss au poste de directeur adjoint du Bureau de l'Alliance des civilisations.

Le 2 septembre dernier, il avait annoncé que la composition du comité des sages pour une « Alliance des civilisations » - un mouvement destiné à combattre les divisions entre les cultures, notamment islamiques et occidentales, qui menace de manière potentielle la paix dans le monde (voir notre dépêche du 2 septembre 2005).

Le comité des sages est co-présidé par l'ancien directeur général de l'UNESCO, l'Espagnol Frederico Mayor, et un ministre d'Etat et professeur de théologie turc, Mehmet Aydin.

Parmi les 19 membres du groupe de haut niveau, figurent l'ancien président iranien Seyed Mohamed Khatami, l'ancien ministre des affaires étrangères français Hubert Védrine et le conseil spécial du roi Mohammed VI du Maroc André Azoulay.

 

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