Les objectifs du Millénaire ont besoin de "l'influence immense" des journalistes, selon Kofi Annan

16 novembre 2005

Au Forum mondial des médias électroniques qui a précédé le Sommet mondial sur la société de l'information, le Secrétaire général a exhorté les journalistes, aujourd'hui à Tunis, à mettre leur influence au service des objectifs du Millénaire pour le développement, leur promettant en retour de militer auprès des gouvernements pour qu'ils assurent leur sécurité.

Au Forum mondial des médias électroniques qui a précédé le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), le Secrétaire général a exhorté les journalistes, aujourd'hui à Tunis, à mettre leur influence au service des objectifs du Millénaire pour le développement, leur promettant en retour de militer auprès des gouvernements pour qu'ils assurent leur sécurité.

« Les médias électroniques sont au cœur même de la vie moderne, dans le pays où ils exercent et à l'échelle de la planète. Qu'une crise se déclenche et c'est vers eux que l'on se tourne d'abord pour savoir ce qui se passe et comprendre l'événement. Que des élections aient lieu, qu'un problème urgent interpelle la société, et ce sont les médias électroniques qui offrent un espace de dialogue et de débat public facilement accessible », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général, lors de la séance de clôture du 2e Forum mondial des médias électroniques, hier et aujourd'hui à Tunis.

« Qui révèle les injustices avant qu'il ne soit trop tard ? Qui donne les moyens de nouer des relations à distance ? Qui sait nous distraire après une longue journée à l'usine, aux champs ou au bureau ? », a-t-il fait remarquer.

« Malgré tout ce que l'on vous reproche – le goût du sensationnel et du frivole, les dérapages de la pornographie et de l'incitation à la haine –, vous conservez une position sans égale, un statut unique, une influence immense », a-t-il affirmé.

« Cette influence, le monde a dorénavant besoin que vous la mettiez, plus encore qu'aujourd'hui, au service de l'effort universel entrepris pour réaliser les Objectifs du Millénaire » (ODM), a exhorté Kofi Annan.

« Déjà, dans le cadre de l'Initiative 'Médias du monde et sida', de grandes sociétés de radiotélévision ont consacré beaucoup de temps et d'énergie à cette épidémie : elles ont formé journalistes et producteurs à communiquer sur le sujet, ont soutenu spectacles, films et documentaires, ont offert documents et émissions à d'autres médias », a-t-il rappelé.

Le Secrétaire général a reconnu qu'il n'était facile de faire des ODM « un sujet magazine » et que les statistiques du développement faisaient rarement « vibrer les cœurs ». « Sans compter que ces objectifs rappellent peut-être trop les promesses déjà faites mais jamais tenues, au point que l'on peut se demander pourquoi il faudrait cette fois les prendre plus au sérieux », a-t-il ajouté.

Pourtant, a-t-il souligné, ils apportent réellement du nouveau et ils ont provoqué une mobilisation sans précédent de la société civile, des manifestations de rue spectaculaires aux actions individuelles.

« C'est la radiotélévision qui, il y a un an, a su rallier l'aide internationale après le raz-de-marée qui a frappé l'océan Indien et qui n'a pas été moins efficace pour le séisme du mois dernier au Pakistan. C'est elle qui sait trouver les mots et les images qui donnent aux événements un sens et une réalité pour les non-initiés qui ne font pas partie des 'milieux du développement' », a affirmé Kofi Annan.

« Et c'est à elle que je fais appel pour qu'elle focalise l'attention sur le tsunami silencieux et quotidien de la misère, de la faim, de la maladie et de la dégradation de l'environnement », a-il encore dit.

« L'ONU jouera elle aussi son rôle. Par principe, nous défendons l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme , qui consacre la liberté d'expression et la liberté des médias », a-t-il affirmé, ajoutant que « l'ONU défend aussi le droit que vous avez en tant que journalistes d'être physiquement protégés du danger ».

« Les violences que subit la presse ont certes le plus souvent pour toile de fond les conflits et la guerre, mais le Comité pour la protection des journalistes nous apprend que, dans leur grande majorité, les journalistes tués depuis 1995 ne l'ont pas été par une balle perdue mais ont été délibérément traqués et abattus, souvent directement en représailles de leurs reportages », a constaté le Secrétaire général.

« Je continuerai d'insister auprès des gouvernements pour qu'ils assument leurs responsabilités, créent les conditions dans lesquelles les journalistes peuvent exercer leur métier sans risque et traduisent en justice les criminels qui s'en prennent à eux », a-t-il assuré.

Voir notre dépêche d'aujourd'hui sur l'appel des Experts des droits de l'homme de l'ONU sur la situation des médias en Tunisie

 

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